Port-au-Prince – Face à l’écart grandissant entre les prix à la pompe et la réalité du marché mondial, le Conseil Consultatif de Suivi du Marché Pétrolier (CCSMP) préconise un réajustement tarifaire. Pour éviter une explosion sociale, l’institution mise sur la progressivité.

L’annonce officielle est tombée à la suite de l’analyse des coûts liés à l’arrivage des produits pétroliers du 29 juillet 2026. Selon le CCSMP l’État subit un manque à gagner considérable en raison d’un décalage important entre le « prix réel calculé » et le « prix actuel » pratiqué dans les stations-services.

Pour combler ce déficit sans asphyxier une population déjà éprouvée, le Conseil écarte l’option d’une hausse brutale au profit d’une formule intermédiaire et « socialement responsable ».

Le tableau technique présenté par le Bureau de la communication du CCSMP détaille les ajustements recommandés par gallon :

Pour le Gasoline (Essence) , le prix réel théorique s’élève à 879,22 Gdes. Alors qu’il est actuellement vendu à 650,00 Gdes, le Conseil propose un ajustement de +50,00 Gdes, fixant le nouveau prix à 700 Gdes. Quant au Diesel , le coût réel atteint 861,39 Gdes. Vendu aujourd’hui à 700,00 Gdes, il subirait une hausse de +70,00 Gdes pour s’établir à 770 Gdes. Et enfin le Kérosène , affichant un prix réel de 788,87 Gdes contre 690,00 Gdes actuellement, passerait à 765 Gdes (soit un ajustement de +75,00 Gdes).

Le Conseil insiste sur le fait que la fixation des prix de l’or noir ne peut pas se résumer à une simple équation comptable ou budgétaire. Toute modification des prix à la pompe se répercute instantanément sur le coût du transport, les produits alimentaires de base et la survie des petites entreprises locales.

Par ailleurs, le CCSMP rappelle que les ménages subissent de plein fouet « les conséquences de l’insécurité, du déplacement des populations, de la diminution des revenus, du chômage et de l’érosion du pouvoir d’achat ». Appliquer les prix réels du marché de manière immédiate accentuerait dramatiquement la vulnérabilité économique de la population.

Pour le Conseil Consultatif de Suivi du Marché Pétrolier (CCSMP) cette proposition finale est un compromis de crise qui vise à réduire progressivement la part subventionnée par l’État pour préserver les finances publiques, tout en maintenant un bouclier minimal pour sauvegarder la cohésion sociale du pays.

Soulignons que l’augmentation du carburant va faire grimper les tarifs des transports publics. Pour les familles déjà ruinées par les fournitures, ce surcoût quotidien menace directement la scolarisation des enfants et inquiète fortement les parents à l’approche de la rentrée scolaire.