L’organisation médicale internationale Médecins Sans Frontières (MSF) a suspendu une nouvelle fois ses activités à la maternité Isaïe Jeanty de Chancerelles, située dans la commune de Cité Soleil, le vendredi 7 août 2026. Cette décision difficile découle d’une reprise de violents affrontements entre groupes armés dans la zone, mettant directement en péril le personnel de santé et les patientes.

Il s’agit de la deuxième suspension des services en moins de deux mois pour cet établissement clé, dont les activités médicales venaient à peine de reprendre à la fin du mois de juillet après trois semaines d’arrêt forcé.

Un système de santé asphyxié par les balles

L’histoire récente de la maternité illustre l’insécurité chronique qui paralyse la capitale haïtienne. Le 19 juin 2026, l’établissement avait déjà dû fermer ses portes après que des balles ont criblé les murs du bâtiment lors de combats intenses. Grâce à une accalmie relative, les équipes de MSF et le ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP) avaient pu réintégrer progressivement les lieux à la mi-juillet pour offrir à nouveau des soins obstétricaux d’urgence et une prise en charge complète 24h/24 et 7j/7.

Cette lueur d’espoir aura été de courte durée. Moins de deux semaines après l’annonce officielle de cette reprise, la fureur des gangs armés a de nouveau poussé les équipes humanitaires à évacuer les lieux pour assurer leur sécurité.

Afflux massif de blessés et hôpitaux saturés

Preuve de la violence inouïe des combats qui font rage, les hôpitaux de MSF situés à Cité Soleil et à Tabarre ont accueilli 27 patients blessés par balles en moins de 24 heures. Cette situation critique a forcé l’organisation à activer en urgence son plan d’intervention en cas d’afflux massif de victimes. En première ligne, le personnel médical continue de travailler sans relâche pour soigner les blessés au milieu des détonations.

Le bilan du premier semestre de l’année 2026 rappelait pourtant le caractère vital de la maternité qui avait accompagné 995 accouchements et pris en charge 122 victimes de violences sexuelles.

Des milliers de femmes privées de soins vitaux

Cette nouvelle fermeture dramatique prive des milliers de femmes d’un accès essentiel aux soins de santé sexuelle et reproductive. Face à ce chaos, Médecins Sans Frontières lance un appel pressant et exhorte fermement toutes les parties prenantes aux affrontements à respecter les structures sanitaires, les blessés ainsi que le personnel médical, afin de garantir un accès sécurisé aux soins pour la population civile prise au piège.