Le Ministre des Affaires sociales et du Travail, Marc-Elie Nelson, dirige une mission tripartite cruciale à Port of Spain pour moderniser la régulation de l’emploi en Haïti.

Ce mercredi 13 mai 2026, une délégation officielle haïtienne s’est réunie à Port of Spain avec les autorités trinidadiennes et l’Organisation internationale du Travail (OIT). Cette mission stratégique vise à transposer le modèle trinidadien de dialogue social pour atténuer la crise systémique de l’emploi en Haïti.

Devant son homologue trinidadien, Leroy Baptiste, le ministre Marc-Elie Nelson a brossé un tableau sombre de la situation en Haïti. Le pays subit de plein fouet une informalisation quasi-totale de son économie, où plus de 80 % de la population active évolue sans filet de sécurité. À cela s’ajoutent une érosion continue de l’emploi formel, des tensions syndicales permanentes et une faillite technique des mécanismes d’inspection du travail et de protection sociale.

L’accueil de Trinité-et-Tobago et de l’OIT s’est traduit par des engagements techniques précis. Leroy Baptiste a réaffirmé la volonté de son administration de parrainer la modernisation des structures haïtiennes, insistant sur le fait que la paix sociale reste le seul ancrage possible pour la stabilité économique régionale. Joni Musabayana, représentant de l’OIT, a quant à lui rappelé le statut historique d’Haïti comme membre fondateur de l’organisation pour légitimer un devoir de solidarité caribéenne accrue.

Dans une région Caraïbe de plus en plus polarisée par les crises migratoires et les chocs inflationnistes, cette alliance technique apparaît comme une tentative de la dernière chance pour éviter l’effondrement définitif du secteur formel haïtien. Reste à savoir si les protocoles signés à Port of Spain survivront à l’épreuve de l’application sur le terrain national.