Face aux défis de la sécurité alimentaire, le Ministère de l’Agriculture (MARNDR) mise sur l’éducation nutritionnelle. En mars 2026, une vaste campagne de sensibilisation a touché les écoles du Sud, de la Grand’Anse et des Nippes, promouvant les produits locaux et l’hygiène rigoureuse.
Par Sefirot24.com
Dans un contexte national où l’accès à une nourriture de qualité reste un défi majeur, le Projet d’Agriculture Résiliente pour la Sécurité Alimentaire (PARSA) du MARNDR a franchi une étape clé. Durant le mois de mars 2026, 1 009 élèves (dont 64 % de filles) ainsi que 28 cadres éducatifs et personnels de cuisine ont bénéficié de sessions intensives sur la nutrition et l’hygiène.
L’un des succès de cette initiative est l’amélioration de « l’acceptabilité sociale » des menus scolaires. Les formateurs ont réussi à convaincre les élèves des bienfaits d’une alimentation sans exhausteurs de goût artificiels, souvent présents dans les produits importés.
L’accent a été mis sur la diversité alimentaire en classant les aliments en trois piliers :
bâtisseurs notamment les protéines (viandes, poissons, mais aussi arachides et haricots locaux). Puis energétiques à savoir les glucides (céréales, bananes, tubercules). Et enfin les protecteurs regroupant les vitamines et minéraux (fruits et légumes frais).
Par ailleurs, Anderson Chery, formateur principal, a insisté sur la consommation des produits de la communauté pour renforcer l’économie locale tout en garantissant la fraîcheur des nutriments.
Le programme ne s’est pas limité au contenu de l’assiette. Les élèves ont été alertés sur les dangers de la « restauration de rue », notamment l’usage répété des huiles de friture qui dégrade la qualité nutritionnelle et génère des composés toxiques.
Ainsi, les risques de contamination microbienne et chimique lors de la récolte ou de la conservation ont également été abordés. Soutenant que sans l’eau potable et le lavage des mains systématique, même le meilleur des repas perd son efficacité nutritionnelle.
Pour que ce savoir dépasse l’enceinte de l’école, 1 425 dépliants éducatifs ont été distribués. Ces outils visent à transformer les enfants en « ambassadeurs de la nutrition » auprès de leurs parents.
Constitué de deux volets dont le premier explique comment équilibrer un repas, même en l’absence de viande ou de poisson.
Et le second traite de la qualité sanitaire pour prévenir les intoxications alimentaires au sein du foyer.
Cette intervention du PARSA s’inscrit dans une stratégie globale de résilience. En Haïti, où l’inflation alimentaire touche durement les ménages, l’école devient le dernier filet de sécurité nutritionnelle. En apprenant aux jeunes à privilégier les cultures locales et les bonnes pratiques d’hygiène, le MARNDR prépare une génération plus résistante aux crises sanitaires et alimentaires.
