
Urgence routière en Haïti : Rodolphe Grégoire Émile nommé au chevet du FER pour un virage vers la transparence
Port-au-Prince, le 5 mars 2026 – Dans un climat marqué par l’urgence de la reconstruction des infrastructures nationales, l’ingénieur Rodolphe Grégoire Émile a officiellement pris les rênes du Fonds d’Entretien Routier (FER) ce jeudi. La cérémonie d’installation, présidée par le ministre des Travaux publics, Transports et Communications (MTPTC), l’ingénieur Joseph Almathe Pierre Louis, marque la fin d’un cycle de cinq ans sous la direction de l’ingénieur Gréger Jean-Louis.
Le FER ne change pas seulement de visage ; il change d’époque. Alors que l’état de délabrement du réseau routier haïtien asphyxie la mobilité des citoyens et freine les échanges commerciaux inter-départementaux, le nouveau Directeur Général arrive avec une feuille de route claire : l’efficacité opérationnelle.
Dans son premier discours officiel, Rodolphe Grégoire Émile a témoigné sa reconnaissance envers le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, tout en plaçant son mandat sous le signe d’une « rupture avec l’inertie ». Il a promis d’insuffler une culture de professionnalisme et de rigueur, des valeurs essentielles pour restaurer la confiance des usagers et des partenaires techniques.
Organisme autonome à caractère financier, le FER est le pivot central du financement de l’entretien routier. Cependant, l’institution fait face à des défis structurels majeurs :
*Optimisation des ressources :* Garantir que chaque centime alloué à l’entretien se traduise par des bitumes durables.
*Transparence administrative :* L’ingénieur Émile a insisté sur son engagement pour une gestion transparente, un signal fort envoyé aux bailleurs de fonds et à la société civile.
*Réactivité technique :* Réduire les délais entre le constat des dégradations et l’intervention des équipes de maintenance.
Le ministre Joseph Almathe Pierre Louis a rappelé que cette passation de pouvoir intervient dans un contexte national complexe. La connectivité routière est aujourd’hui une question de souveraineté nationale. « Le dynamisme que doit apporter l’ingénieur Émile est une nécessité absolue pour répondre aux attentes pressantes de la population », a martelé le ministre.
Rodolphe Grégoire Émile devra désormais manœuvrer entre les contraintes budgétaires et la dégradation accélérée du patrimoine routier par les intempéries et le manque de suivi historique. Son succès se mesurera non pas à ses promesses de modernisation, mais à la fluidité retrouvée sur les routes nationales 1, 2 et 3 dans les mois à venir.