Face à la résurgence du charbon bactéridien, le Ministère de l’Agriculture (MARNDR) déploie une riposte d’envergure dans la Grand-Anse. Entre vaccination intensive, dépistage et sensibilisation, les autorités agricoles tentent de verrouiller les foyers d’infection pour sécuriser l’économie rurale et la santé publique.
Par Job David Boisrond
Pour protéger le patrimoine biologique des éleveurs et stabiliser la filière de l’élevage, une vaste campagne de vaccination a été lancée dans le département de la Grand-Anse par le Ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural (MARNDR). En ce sens l’opération bat son plein dans les communes de Dame-Marie et de Moron, où plus de 1 000 têtes de bovins, caprins et ovins ont déjà été immunisées.
Cette mobilisation fait suite à la détection, en février dernier, de cas de mortalité animale imputables au charbon bactéridien (anthrax), une maladie zoonotique hautement contagieuse et potentiellement mortelle pour l’homme. Sous la supervision de l’Ing-Agr Ralph Wendy Despeines, directeur départemental (DDAGA), des équipes de médecins vétérinaires et de techniciens sont déployées sur le pied de guerre pour circonscrire la menace et préserver la sécurité alimentaire de la région.
À Montagnac (Dame-Marie), point de départ de l’épidémie, le cap des 1 000 vaccinations a rapidement été franchi. L’Ing-Agr Despeines a confirmé que l’opération va s’intensifier pour couvrir Jérémie et les autres zones limitrophes afin de créer une « ceinture sanitaire » autour des foyers infectieux.
Le dispositif ne se limite pas aux injections. Des opérations de dépistage systématique sont menées sur les petits ruminants (caprins et ovins) à Dame-Marie. Cette stratégie de surveillance active permet d’identifier précocement les nouveaux foyers et d’affiner le suivi épidémiologique en temps réel.
Par ailleurs, le dispositif ne se limite pas aux injections car des opérations de dépistage systématique sont menées sur les petits ruminants (caprins et ovins) à Dame-Marie. Cette stratégie de surveillance active permet d’identifier précocement les nouveaux foyers et d’affiner le suivi épidémiologique en temps réel.
Sous l’impulsion du Ministre Marcelin Aubourg, le MARNDR vise d’abord la réduction drastique du taux de mortalité du bétail et la protéction du « compte d’épargne sur pattes » des ménages ruraux, pour qui l’élevage représente le principal filet de sécurité économique.
En outre, lors des journées de vaccination, une sensibilisation accrue est menée auprès des éleveurs. Le message des vétérinaires est ferme » ne jamais consommer, dépecer, ni vendre la viande d’un animal mort subitement ». Car les spores de la bactérie Bacillus anthracis peuvent survivre des décennies dans le sol, créant des « champs maudits ».
En sensibilisant sur l’enfouissement sécurisé des carcasses, le ministère s’attaque à la racine du risque de transmission humaine, transformant cette campagne vétérinaire en un véritable bouclier de santé publique pour toute la Grand-Anse.

