BOGOTÁ – Au lendemain de la cérémonie officielle dans la capitale colombienne, la délégation du Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural (MARNDR) est passée à la phase opérationnelle. Ce mercredi 22 juillet 2026, la mission haïtienne, menée par le Directeur Général, l’Ing.-Agronome Pierre-Richard RENÉ, a entamé une intense première journée de travail sur le terrain à Santander.

Accueillie sur le site de Suize par le Directeur Général d’AGROSAVIA (Corporation colombienne de recherche agricole), la délégation a mené un marathon technique à travers six stations clés pour s’approprier les clés du succès de la cacaoculture colombienne.

La visite a débuté par le centre de production de plantules, où les techniciens haïtiens ont participé à des exercices pratiques de greffage, une technique essentielle pour la régénération des plantations.

Le parcours s’est poursuivi au centre de germoplasme, véritable banque génétique où AGROSAVIA effectue un travail de sélection de pointe. Sur un catalogue initial de 640 variétés étudiées, les chercheurs colombiens ont réussi à isoler quatre clones d’élite (TCS01, TCS06, TCS13 et TCS19), reconnus pour leur rendement supérieur et leur résilience.

Le modèle de Santander repose sur une intégration stricte de l’élevage et de l’agriculture. La délégation a visité une unité de production de chèvres intégrée, dont les déchets organiques sont revalorisés et transformés en compost haute performance pour la fertilisation des parcelles de cacaoyers.

Par la suite, un expert a présenté une analyse critique des systèmes agroforestiers à base de cacao. Ce modèle, qui associe le cacaoyer à des arbres d’ombrage, offre des opportunités économiques majeures tout en imposant des contraintes de gestion que les cadres du MARNDR ont pu évaluer en direct.

L’accès aux marchés internationaux exige une qualité irréprochable. Un expert brésilien a exposé les dernières avancées sur le contrôle du Cadmium (un métal lourd présent dans les sols) au sein des systèmes agroforestiers. La production a été passée au crible à travers six paramètres scientifiques pour comprendre comment bloquer l’absorption de ce composant par le cacaoyer.

La journée s’est clôturée sur la chaîne de valeur finale. La délégation a inspecté la station post-récolte, comparant les méthodes traditionnelles et modernes de fermentation et de séchage/déshydratation de la fève, étapes cruciales pour le développement des arômes.

La mission s’est achevée au laboratoire de cacao pour une session d’observation technique et une dégustation des profils aromatiques développés par AGROSAVIA.