
Une question pour le moins surprenante peut surgir à la vue d’un groupe de femmes portant des tee-shirts sur lesquels est inscrit « Groupe les épouses de Dieu » : comment Dieu pourrait-il avoir des épouses, alors que la Bible présente Dieu comme un être unique, éternel et sans équivalent ? Cette interrogation mérite d’être posée avec sérieux, sans volonté de ridiculiser celles et ceux qui utilisent cette expression. Elle renvoie surtout à la manière dont certaines communautés religieuses interprètent les images, les symboles et les métaphores présentes dans les Écritures.
Dans la Bible, l’image de l’« épouse » est effectivement utilisée dans le langage religieux, mais elle ne signifie pas nécessairement que Dieu possède des femmes au sens humain ou matrimonial du terme. Dans l’Ancien Testament, Israël est parfois présenté symboliquement comme l’épouse de Dieu, notamment dans les écrits prophétiques. Dans le Nouveau Testament, c’est l’Église qui est décrite comme l’épouse du Christ. Cette symbolique exprime notamment une relation d’alliance, de fidélité et d’attachement spirituel. Elle ne décrit donc pas un mariage biologique ou conjugal comparable à celui qui existe entre deux êtres humains. D’ailleurs, la conception biblique de Dieu dépasse précisément les catégories humaines : Dieu n’est pas présenté comme un homme ayant besoin d’une épouse pour compléter son existence.
La véritable question devient alors celle-ci : jusqu’où peut-on pousser une métaphore religieuse sans lui faire dire ce que le texte biblique ne dit pas ? Appeler des croyantes « épouses de Dieu » peut être compris comme une expression spirituelle destinée à traduire leur consécration, leur fidélité ou leur appartenance à Dieu. Mais prise littéralement, cette formulation soulève de nombreuses questions théologiques. Le débat invite donc à distinguer la foi, le symbole et la réalité biblique. Car si la Bible utilise abondamment le langage imagé pour parler de la relation entre Dieu et son peuple, elle présente également Dieu comme unique et transcendant. Ainsi, plutôt que de condamner immédiatement l’expression, il serait plus pertinent de demander à ceux qui l’emploient ce qu’ils entendent exactement par « épouses de Dieu » et sur quels passages bibliques ils fondent cette appellation. C’est peut-être dans cette clarification que se trouve le véritable débat.
Ref : Lucson NOBERT