Objet : Dénonciation d’un conflit d’intérêts flagrant et violation de l’éthique professionnelle dans l’enquête sur l’assassinat du président Jovenel Moïse.
Par la présente, il est impératif de lever le voile et de dénoncer avec la plus grande fermeté une dérive juridique et déontologique inacceptable constatée au cabinet d’instruction ce lundi 10 août 2026 : la présence de Maître André Michel en qualité d’avocat de Monsieur Jean Monard Métellus.
Cette situation dépasse l’entendement juridique. Maître André Michel a lui-même été entendu pendant deux reprises : le 6 juillet 2023 par le juge instructeur Walter Wesser Voltaire, puis le 14 mai 2026 par le juge instructeur Jean Denis Cyprien à titre de témoin dans le cadre de ce même dossier pour profération de menaces de mort envers le président Jovenel Moïse avant son assassinat. Monsieur Jean Monard Métellus, de son côté, est convoqué pour s’expliquer sur les circonstances entourant l’assassinat du Président Jovenel Moïse, considérant ces propos assimilables à des menaces proférées à l’encontre du feu le Président Moïse au cours de ses émissions : que ce soit dans l’intersection, que ce soit dans la ramassée sur les ondes de la Radio Caraïbes FM (1).
« Dans le cadre d’un dossier, le statut d’un témoin est susceptible d’évoluer à tout moment vers celui d’inculpé. »
Comment un citoyen, préalablement auditionné à titre de témoin ou d’intéressé dans une affaire d’une telle gravité, peut-il se muer en défenseur d’un autre protagoniste convoqué dans la même enquête ?
Cette posture viole les principes fondamentaux du droit, de l’éthique et de déontologie professionnelle. En matière pénale, la confusion des rôles entre témoins, parties et défenseurs est un affront direct à la quête de vérité. Elle crée un conflit d’intérêt systématique qui vicie la procédure. Face à une telle légèreté, une question légitime se pose : s’agit-il d’une provocation délibérée pour saboter l’instruction, ou assistons-nous simplement au spectacle affligeant de l’incompétence et de la médiocrité en Haïti ?
L’assassinat d’un chef d’État est un crime de lèse-patrie. L’instruction d’un tel dossier exige une rigueur absolue, une intégrité morale irréprochable et un respect strict des règles de procédure. Malheureusement, ce qui n’est pas le cas dans le dossier d’assassinat du Président Moïse. Permettre de telles pratiques transforme le cabinet d’instruction en un théâtre de complaisance, discrédite le corps des avocats et insulte la mémoire de la victime ainsi que le peuple haïtien qui réclame justice.
Face à un tel scandale judiciaire, j’interpelle le Juge instructeur en charge du dossier, le Doyen du Tribunal et le Barreau à prendre immédiatement leurs responsabilités pour mettre fin à cette anomalie juridique et garantir l’impartialité de l’enquête.
Fait pour que droit soit fait.
Emmanis LOUIS
Un citoyen révolté et engagé pour l’État de droit en Haïti.-