Port-au-Prince, 6 août 2026 – Le Syndicat national des policiers haïtiens (SYNAPOHA) a exprimé ses vives préoccupations à la suite des dispositions contenues dans le budget rectificatif 2025-2026 prévoyant une réduction de 15 % des primes accordées aux policiers. Dans une prise de position officielle publiée ce jeudi, l’organisation syndicale affirme comprendre les impératifs budgétaires auxquels l’État est confronté, mais estime qu’une telle mesure risque d’aggraver davantage les difficultés économiques des membres de la Police nationale d’Haïti (PNH), déjà fortement affectés par la hausse du coût de la vie.

Le SYNAPOHA rappelle que les policiers ont vu leur pouvoir d’achat s’éroder de manière significative au cours des dernières années sous l’effet de l’inflation. Selon les estimations avancées par le syndicat, un agent de premier grade, qui perçoit actuellement un salaire brut de 39 200 gourdes et un revenu net de 30 340,40 gourdes, devrait gagner près de 81 275 gourdes brutes, soit environ 62 928 gourdes nettes, afin de conserver un niveau de vie comparable à celui d’autrefois. Pour les responsables syndicaux, la question de la rémunération ne peut être réduite à une simple logique comptable, puisqu’elle influence directement les conditions de vie des policiers, leur motivation et la qualité du service public de sécurité.

Au-delà de la contestation de la réduction des primes, le SYNAPOHA invite les autorités à mettre en œuvre des mesures sociales concrètes en faveur des policiers et de leurs familles. Le syndicat plaide notamment pour l’instauration de subventions destinées à la scolarisation des enfants des agents ainsi que pour une application effective de la couverture d’assurance de l’OFATMA dans les établissements hospitaliers. Pour les dirigeants du SYNAPOHA, garantir aux policiers des revenus leur permettant de subvenir dignement aux besoins essentiels de leur famille constitue un investissement indispensable pour renforcer la sécurité publique et améliorer le service rendu à la population haïtienne.