SANTO DOMINGO — La pression migratoire et institutionnelle s’accentue dramatiquement à la frontière de l’île d’Hispaniola. Lors d’une cérémonie officielle de remise de diplômes à 162 nouveaux agents d’immigration, le Directeur Général des Migrations (DGM), le Vice-amiral Luis Rafael Lee Ballester, a révélé un bilan statistique sans précédent : 704 142 ressortissants haïtiens en situation irrégulière ont été expulsés du territoire dominicain au cours des 22 derniers mois.

La cérémonie officielle de remise de diplômes à la quatrième promotion des Agents de Réaction Rapide (ARR) s’est déroulée le dimanche 2 août 2026.

Cette cérémonie a eu lieu au sein du salon polyvalent de l’Université Catholique Mère et Maîtresse (PUCMM) à Santiago de los Caballeros, dans la région Nord de la République dominicaine. Elle a été présidée par la vice-présidente du pays, Raquel Peña, aux côtés du Directeur Général des Migrations, le Vice-amiral Luis Rafael Lee Ballester.

Pour soutenir cette politique de fermeté, la DGM a opéré une métamorphose radicale de sa structure opérationnelle. Le Vice-amiral a rappelé qu’à son entrée en fonction en octobre 2024, l’institution ne comptait qu’un contingent squelettique de 302 agents, dont à peine 235 étaient déployés sur le terrain pour les interdictions.

Aujourd’hui, l’effectif a été multiplié par plus de quatre pour atteindre 1 388 agents actifs, parmi lesquels 1 272 sont directement mobilisés dans les opérations de traque et de contrôle des migrants. Cette augmentation massive de la main-d’œuvre, conjuguée au soutien logistique des Forces armées et de la Police nationale dominicaine, explique l’efficacité mathématique des rafles menées dans le Grand Santo Domingo, à Santiago et dans les zones agricoles.

Les détails fournis par l’administration dominicaine démontrent que la tendance ne faiblit pas. Pour les sept premiers mois de l’année 2026, 226 500 Haïtiens ont déjà été rapatriés, maintenant une cadence industrielle d’environ 1 000 expulsions quotidiennes. L’année 2025 s’était déjà clôturée sur un chiffre record de 380 000 renvois. Selon le chef de la DGM, ces chiffres s’expliquent par le renforcement de la surveillance des axes routiers et le démantèlement de filières de passeurs clandestins qui profitent de la détresse humaine.

Si la République dominicaine justifie ces mesures par la défense de sa souveraineté nationale et la protection de ses systèmes publics (santé, éducation) saturés, la réalité de l’autre côté de la frontière inquiète les observateurs internationaux.

Des organisations de défense des droits humains, à l’instar du GARR et des agences de l’ONU, alertent continuellement sur le traitement réservé aux migrants. Les retours forcés se font vers un pays d’origine toujours en proie à une grave crise sécuritaire et économique. Les ONG dénoncent régulièrement des séparations familiales brutales, l’expulsion de mineurs non accompagnés et des conditions de détention précaires dans les centres de traitement frontaliers comme Haina ou Elías Piña avant le passage de la ligne de démarcation.