PORT-AU-PRINCE, 21 mai 2026 – Face au défi climatique et à la rareté des fourrages dans le Plateau Central, le Ministère de l’Agriculture (MARNDR) passe à l’offensive. À travers le projet PARSA, et avec l’appui technique du consortium IICA-GIRADEL, une vaste campagne de formation s’est déployée entre avril et mai 2026. L’objectif : initier les éleveurs de Thomonde et de Cerca-Carvajal à la fabrication de blocs à lécher. Cette innovation locale et économique s’impose désormais comme une solution clé pour protéger le cheptel contre la malnutrition.
Le bloc à lécher s’apparente à un bouclier sanitaire pour le bétail. Ce complément alimentaire solide fusionne des matières hautement nutritives : sel minéral, mélasse, son, urée, vitamines et ciment alimentaire comme liant.
En période de sécheresse extrême, lorsque les pâturages s’assèchent, ce bloc comble les graves carences des animaux. Au-delà de la simple survie du cheptel caprin, sa consommation régulière stimule la croissance, dope la reproduction et augmente la productivité globale, garantissant ainsi une meilleure rentabilité pour les familles rurales.
Le déploiement technique s’est opéré en trois grandes phases stratégiques dans les communes cibles :
29 avril (Savanette Cabral, Thomonde) : Une première cohorte pilote de 10 producteurs (6 hommes, 4 femmes) a maîtrisé le processus. Chaque participant est reparti avec un bloc de 5 à 5,5 kg.
5 mai (Pincroix et Laboicate, Cerca-Carvajal) : La dynamique s’est accélérée avec 38 éleveurs, dont une majorité de femmes (21 femmes, 17 hommes), recevant chacun deux kilos de blocs nutritionnels.
6 au 11 mai (Thomonde et Cerca-Carvajal) : L’initiative a atteint son rythme de croisière à Chapelle, Rang et Demahague, réunissant 111 bénéficiaires (dont 51 femmes). Chaque éleveur a reçu deux blocs pour tester immédiatement les effets sur leurs bêtes.
Au total, cette campagne a transformé les méthodes de travail de 159 producteurs du Plateau Central, en accordant une place centrale aux femmes rurales. En fournissant des compétences techniques transférables, le projet PARSA dépasse l’aide d’urgence pour bâtir une résilience à long terme.
Cette intervention du MARNDR structure une réponse durable face aux dérèglements climatiques. À terme, la maîtrise de cette technologie locale permettra de stabiliser la production de viande, de sécuriser les revenus des ménages agricoles et de renforcer la sécurité alimentaire de la région.
