Face à la dégradation persistante du climat sécuritaire en Haïti, le gouvernement a annoncé mercredi un renforcement majeur des opérations contre les groupes armés qui contrôlent plusieurs zones du pays.

La décision a été prise lors d’une réunion stratégique présidée à la Primature par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, en présence des principaux responsables de la Police nationale d’Haïti (PNH), des Forces Armées d’Haïti (FAd’H), du ministère de la Défense ainsi que de la Force de Répression des Gangs (FRG).


Selon les autorités, cette rencontre visait à évaluer l’évolution de la situation sécuritaire et à définir de nouvelles mesures offensives pour reprendre le contrôle des territoires occupés par les gangs. Le gouvernement affirme vouloir instaurer une coordination permanente entre les différentes institutions engagées dans la lutte contre l’insécurité.


Dans cette perspective, les autorités ont décidé d’instituer des réunions stratégiques hebdomadaires afin de suivre les opérations sur le terrain, renforcer le partage d’informations et améliorer la préparation des interventions conjointes. Cette initiative s’inscrit dans une volonté affichée de maintenir une pression continue sur les groupes armés.


Le gouvernement a également annoncé l’établissement d’une « permanence sécuritaire nationale » sur l’ensemble du territoire. Les opérations menées par la PNH, avec l’appui des Forces Armées d’Haïti et de la FRG, devraient être intensifiées dans les prochains jours, notamment dans les zones les plus touchées par la violence.
Les autorités promettent une politique de « tolérance zéro » envers les gangs armés, mais aussi contre toute personne impliquée dans leurs activités. Les responsables gouvernementaux affirment vouloir s’attaquer aux réseaux de soutien logistique et financier qui permettent aux groupes criminels de poursuivre leurs opérations.


« Aucun territoire ne sera abandonné », ont déclaré les autorités, qui assurent vouloir rétablir l’autorité de l’État dans toutes les régions affectées par l’insécurité.


Cette annonce intervient dans un contexte particulièrement tendu. Depuis plusieurs mois, les violences liées aux gangs continuent de provoquer des déplacements massifs de population, des blocages économiques et une aggravation de la crise humanitaire dans plusieurs quartiers de la région métropolitaine de Port-au-Prince et dans certaines villes de province.


Malgré les nombreuses opérations déjà menées par les forces de l’ordre, les groupes armés demeurent fortement implantés dans plusieurs zones stratégiques. Une situation qui alimente l’inquiétude de la population, confrontée quotidiennement aux enlèvements, aux affrontements armés et aux difficultés d’accès aux services de base.


Avec cette nouvelle offensive, le gouvernement tente de rassurer la population et de démontrer sa volonté de reprendre le contrôle de la situation sécuritaire. Reste à savoir si ces nouvelles mesures permettront de freiner durablement l’expansion des gangs et de rétablir un climat de stabilité dans le pays.