PYONGYANG – Ce dimanche 10 mai 2026, la Corée du Nord a franchi un cap irréversible en supprimant officiellement toute référence à la réunification avec le Sud de sa Constitution. Cette décision, confirmée par les médias d’État, entérine la nouvelle doctrine de Kim Jong-un : la Corée du Sud n’est plus une « moitié à retrouver », mais l’« État ennemi principal ».
Ce virage constitutionnel transforme une hostilité verbale en une réalité juridique. En abandonnant l’objectif historique de « réunification pacifique » inscrit par ses prédécesseurs, Kim Jong-un consolide la séparation idéologique et prépare son pays à une confrontation de longue durée. Pour les analystes, ce geste vise à cimenter le nationalisme nord-coréen tout en justifiant le développement massif de l’arsenal nucléaire face à un voisin désormais considéré comme étranger et belliqueux.
Pour comprendre l’ampleur de ce séisme diplomatique, il faut remonter à la genèse de la séparation :
En 1945 , à la fin de la Seconde Guerre mondiale, la péninsule est divisée au 38e parallèle entre une zone d’occupation soviétique (Nord) et américaine (Sud).
Par ailleurs, 1950-1953 la Guerre de Corée éclate. Ce conflit sanglant de la Guerre froide se termine par un simple armistice, et non un traité de paix.
Ainsi, techniquement, les deux pays sont toujours en guerre depuis plus de 70 ans. La frontière (DMZ) reste l’une des zones les plus militarisées au monde.
Cette révision constitutionnelle intervient dans un contexte de tensions extrêmes. Entre les tests de missiles balistiques de Pyongyang et les manœuvres militaires conjointes Séoul-Washington, les canaux de communication sont rompus. À Séoul, l’inquiétude grandit car en enterrant l’espoir d’une union, Pyongyang ferme la porte au dialogue et accroît dangereusement les risques d’une erreur de calcul militaire dans la région.
