Un foyer épidémique d’Hantavirus détecté à bord du navire de croisière MV Hondius inquiète les autorités sanitaires internationales. Avec un taux de mortalité bien supérieur à celui du Covid-19, ce virus rare interroge sur les risques de propagation.
L’expédition partie d’Ushuaia le 1er avril 2026 a tourné au drame sanitaire. Sur les 149 personnes à bord, plusieurs passagers ont présenté des symptômes grippaux sévères peu après le départ. Le bilan actuel fait état de trois décès : un passager néerlandais de 70 ans, son épouse évacuée vers Johannesburg, et une troisième victime confirmée début mai.
Au moins huit cas sont actuellement sous surveillance stricte, notamment en Suisse (Zurich) et dans plusieurs pays européens, après le débarquement de voyageurs lors d’escales précédentes. Le navire est arrivé au large du Cap-Vert le 3 mai pour finaliser les évacuations médicales.
L’inquiétude des experts porte sur la souche identifiée : le virus Andes. Contrairement aux autres variantes d’hantavirus qui se transmettent exclusivement du rongeur à l’homme, la souche Andes est la seule capable de transmission interhumaine lors de contacts rapprochés et prolongés.
Bien que la peur d’une nouvelle pandémie émerge, les caractéristiques du virus diffèrent radicalement du coronavirus :
Léthalité : L’hantavirus est nettement plus foudroyant. Son taux de mortalité peut dépasser les 30 % dans ses formes graves (syndrome pulmonaire), contre moins de 1 % pour la majorité des variants du Covid-19.
Contagiosité : Le Covid-19 est extrêmement volatil. L’hantavirus, lui, reste difficile à contracter. La transmission humaine est « exceptionnelle » et nécessite une proximité intime, loin de la propagation aéroportée massive du coronavirus.
Origine : Identifié dès les années 1950 (guerre de Corée), il est porté par des rongeurs (rats, souris) qui excrètent le virus via leur urine ou leur salive.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que le risque de pandémie mondiale demeure faible. L’absence de vaccin ou de traitement antiviral spécifique rend toutefois le diagnostic précoce vital. Les symptômes initiaux (fièvre, douleurs musculaires, fatigue) peuvent rapidement évoluer vers une détresse respiratoire aiguë.
Le traçage international des passagers du MV Hondius se poursuit pour contenir ce foyer localisé et éviter toute chaîne de transmission supplémentaire.
