Face à une résurgence brutale de la violence et au retrait progressif des troupes kenyanes, le Centre d’analyse et de recherche en droits de l’homme (CARDH) redoute un effondrement de la stratégie sécuritaire actuelle. L’organisation appelle à un sursaut immédiat de la PNH et de la communauté internationale.

Port-au-Prince, le 24 avril 2026 — Le vent d’optimisme qui soufflait sur les opérations de la Police Nationale d’Haïti (PNH) est en train de tourner. Le CARDH tire la sonnette d’alarme : les acquis sécuritaires, chèrement conquis ces derniers mois, s’effritent sous la pression renouvelée des groupes armés.

Le constat est sans appel. Les attaques coordonnées dans le Bas-Artibonite (fin mars) et les incursions sanglantes à Seguin et dans la Plaine du Cul-de-Sac en avril témoignent d’une reprise d’initiative des gangs. Plus inquiétant encore, la commune de Delmas, jusque-là zone de relative accalmie, subit une flambée de kidnappings, signalant un retour de l’insécurité au cœur des quartiers résidentiels.

Le CARDH souligne une dégradation tactique majeure des zones autrefois classées « vertes » (sécurisées) basculent désormais en « jaune », illustrant la vulnérabilité d’une population qui se croyait protégée.

Le nœud du problème réside dans la transition délicate entre la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS) et la nouvelle Force de Répression des Gangs (FRG). Le départ progressif des contingents kenyans, piliers opérationnels des mois passés, crée un « vide sécuritaire » que les forces locales peinent encore à combler seules.
« Sans un renforcement immédiat des capacités de frappe de la PNH et des FADH, ce retrait risque d’offrir une fenêtre de tir fatale aux groupes armés pour reprendre les territoires perdus », prévient l’organisation.

Pour stopper cette hémorragie, le CARDH interpelle directement les puissances alliées États-Unis, Canada, France et Mexique ainsi que les instances régionales (CARICOM, OEA). L’exigence est claire : le déploiement de la force internationale doit s’accélérer pour stabiliser le front avant un basculement irréversible.

Sur le plan interne, l’organisation place le Conseil Supérieur de la Police Nationale (CSPN) face à ses responsabilités. Elle préconise une synergie d’acier entre la police, l’armée (FADH) et les mairies pour verrouiller les territoires. Pour le CARDH, l’heure n’est plus à la réaction, mais à une posture offensive permanente pour éviter que le pays ne retombe dans l’abîme.