Le bilan de la tragédie survenue à la Citadelle Laferrière s’alourdit et l’enquête s’accélère. Ce lundi 13 avril 2026, la Police Nationale d’Haïti (PNH) a annoncé l’arrestation de sept fonctionnaires, suspectés de négligence coupable ou de complicité dans ce drame qui a coûté la vie à 25 personnes.
L’onde de choc provoquée par le drame du 11 avril dernier commence à porter ses premiers fruits judiciaires. Alors que la nation observe un deuil de fait, la Direction de la Communication de la Police (DICOP) a confirmé l’interpellation de sept individus clés, tous employés au sein des structures censées assurer la sécurité et la conservation de ce monument classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.
L’opération, menée avec célérité par le Service Départemental de la Police Judiciaire (SDPJ/Nord), s’est déroulée sous la supervision directe du commissaire du gouvernement, Me Eno Zéphyrin. Les enquêteurs cherchent à déterminer comment une telle catastrophe — ayant fait 25 morts et une trentaine de blessés — a pu se produire sur un site pourtant sous haute surveillance.
Parmi les suspects désormais sous les verrous figurent :
Cinq agents de la Police municipale de Milot : Jhon Coxllee (alias Myson), Genovè Octavien, Altidor Arly, Louis Max Andy et Césaire Wilner Billy.
Deux cadres de l’Institut de Sauvegarde du Patrimoine National (ISPAN) : Wilfrid César et Valmyr Techlin, tous deux affectés à la gestion du site dans le Nord.
Au-delà des interpellations, la journée du dimanche 12 avril a été marquée par des perquisitions à Milot. Les forces de l’ordre ont saisi six téléphones portables et six badges professionnels. Ces appareils seront passés au peigne fin par les experts en cybercriminalité pour retracer les communications échangées avant, pendant et juste après le drame.
Actuellement placés en garde à vue au commissariat central du Cap-Haïtien, les sept suspects font face à des interrogatoires serrés. Ce drame soulève des questions brûlantes sur la sécurité des sites touristiques en Haïti et la gestion des flux de visiteurs sur des structures historiques fragiles.
Alors que les familles des victimes réclament justice, la PNH promet de faire toute la lumière sur les zones d’ombre de cette affaire. Pour l’heure, l’accès à la Citadelle reste strictement limité, transformant le symbole de la liberté haïtienne en une vaste scène de crime.
