
Port-au-Prince, le 7 avril 2026. – Sous un soleil chargé d’histoire, la République s’est inclinée devant son géant. Pour la double commémoration du 223e anniversaire de la mort de Toussaint Louverture et des 43 ans du Musée du Panthéon National Haïtien (MUPANAH), le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a marqué les esprits par un discours à la fois solennel et résolument politique.
Accompagné de son cabinet, dont le ministre de la Culture Emmanuel Médard, le Chef du Gouvernement a honoré la mémoire du « Premier des Noirs » aux Champs de Mars. En déposant une gerbe de fleurs et en ravivant la Flamme éternelle, il a symboliquement lié les luttes d’hier aux défis d’aujourd’hui.
Pour le Premier ministre, le MUPANAH n’est pas qu’un bâtiment, mais « un carrefour de la conscience nationale, un socle de mémoire où se perpétue notre destin ». Loin d’une simple formalité protocolaire, cette journée a été présentée comme un renouvellement de serment envers la patrie.
L’hommage a également été l’occasion de rappeler l’ascension fulgurante de Toussaint Louverture. Né esclave dans la plantation de Bréda, celui que l’on surnommait le « Napoléon Noir » a renversé l’ordre colonial par un génie tactique et politique hors du commun. En transformant une révolte d’esclaves en une armée disciplinée, il a imposé la première Constitution de Saint-Domingue en 1801, défiant les métropoles européennes. Bien que capturé par trahison et mort dans la solitude glaciale du Fort de Joux en France, son héritage est resté la racine indestructible de l’indépendance haïtienne, prouvant au monde que la liberté n’est pas un don, mais une conquête.
Tourné vers l’avenir, Alix Didier Fils-Aimé a profité de cette tribune pour réaffirmer la priorité de son gouvernement qui est de restaurer l’autorité de l’État. Il a promis un climat de sécurité indispensable à la tenue d’élections générales crédibles et inclusives sur tout le territoire.
En s’adressant directement à la jeunesse, le Premier ministre l’a invitée à faire de la dignité louverturienne le levier d’un renouveau national. Son message s’est achevé sur une note de ferveur patriotique : « Vive le MUPANAH ! Vive Toussaint Louverture ! Vive Haïti ! »
