Nommé en 2016 conseiller à l’Ambassade d’Haïti au Mexique, Jean-Claude Lappé incarnait le profil d’un jeune diplomate prometteur. Mais son parcours a pris une tournure controversée après son transfert, le 1er septembre 2022, au poste de consul d’Haïti au Suriname. Ce pays est alors devenu un point de transit stratégique pour de nombreux Haïtiens fuyant l’insécurité et cherchant à rejoindre d’autres destinations en Amérique du Sud ou en territoire français.
En août 2024, le ministère haïtien des Affaires étrangères a révoqué Jean-Claude Lappé ainsi que la majorité du personnel du consulat, à la suite d’une enquête menée par les autorités françaises et américaines. Cette enquête évoque une possible implication du personnel diplomatique dans un réseau de migration clandestine facilitant le passage de migrants vers la Guyane française, le Brésil et le Nicaragua, moyennant des sommes pouvant atteindre 4 000 dollars par personne.
Selon des révélations relayées notamment par le Miami Herald, le consulat aurait joué un rôle clé dans l’organisation de ces déplacements. Des mineurs auraient voyagé avec de faux documents les présentant comme non accompagnés, tandis que des agences de voyage et des vols charters auraient été mobilisés pour assurer le transit. Les autorités américaines soulignent que ces parcours exposaient particulièrement les femmes et les jeunes filles à des risques graves de traite et d’exploitation sexuelle.
Des témoignages anonymes d’anciens employés du consulat décrivent un climat interne marqué par des pressions et des pratiques jugées opaques, où des “procédures internes” auraient été appliquées sans explication claire, sur fond d’intérêts financiers. Contacté pour donner sa version des faits, Jean-Claude Lappé n’a pas répondu aux sollicitations du média à l’origine de l’enquête.
Diplomatie sous scandale : Jean-Claude Lappé au cœur d’un vaste réseau présumé de trafic de migrants entre Haïti et le Suriname