Le ministre de la Justice, Patrick Pélissier, place l’UCREF en première ligne pour surveiller les dons et transactions des partis politiques afin d’éviter l’ingérence des capitaux criminels dans le prochain scrutin.

Dans une circulaire numérotée No. J05/MJSP/2026 et datée du 12 août 2026, le garde des Sceaux, Patrick Pélissier, ordonne à l’Unité centrale de renseignements financiers (UCREF) de maximiser le contrôle des flux financiers des campagnes électorales en vue de boucher les voies d’accès aux capitaux illicites et aux groupes armés qui tenteraient d’influencer le vote.

La nouvelle directive impose des obligations comptables strictes et des délais serrés aux acteurs politiques et à l’organe de contrôle :

Délai de 5 jours : L’UCREF doit traiter sous cinq jours ouvrables toute notification de don égal ou supérieur à 500 000 gourdes émanant d’une personne physique ou morale.

Analyses mensuelles : L’institution épluchera, au début de chaque mois, les déclarations détaillées des dons et des donateurs fournies par les candidats et les partis.

Fin du cash obligatoire : Tout financement politique atteignant ou dépassant 250 000 gourdes doit obligatoirement transiter par chèque ou virement bancaire.

Guerre au fractionnement : L’UCREF exploitera son droit d’accès aux données bancaires pour repérer les dépôts en espèces suspects et les techniques de fractionnement de montants.

Pour traquer le blanchiment d’argent, le ministère accorde des pouvoirs étendus aux enquêteurs financiers. En s’appuyant sur l’article 378, l’UCREF émettra des réquisitions contraignantes directement auprès des opérateurs de téléphonie mobile et des agences de transfert d’argent.

L’objectif principal est de couper les ponts financiers entre la sphère politique et les réseaux criminels.

Les fraudeurs risquent la prison, de fortes amendes et la perte de leurs droits de vote et d’éligibilité pour une durée maximale de dix ans.

A l’heure où la crédibilité du processus démocratique dépend de l’intégrité de ses acteurs, cette circulaire hisse l’UCREF au rang de rempart incontournable. Reste désormais à mesurer la capacité opérationnelle de l’institution à appliquer ce contrôle avec une rigueur absolue et en toute indépendance.