
PORT-AU-PRINCE, 9 août 2026 – À la veille de la comparution de Jean-Monard Métellus devant la justice haïtienne, son épouse, Mirline Dorvilier Métellus, a rendu publique une lettre ouverte ce dimanche. Dans cette correspondance, elle prend la défense du journaliste, attendu ce lundi 10 août comme témoin dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat de l’ancien président Jovenel Moïse, survenu dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021.
Mirline Dorvilier Métellus exprime ouvertement ses difficultés face aux soupçons et aux critiques visant son mari en amont de son audition. Elle exhorte les autorités compétentes et l’opinion publique à faire preuve d’impartialité.
« Aujourd’hui, je ne demande ni privilège ni faveur. Je demande simplement que l’on regarde cet homme intègre, Jean-Monard Métellus, avec justice, avec ho-nnêteté et avec la mémoire de tout ce qu’il a donné », écrit-elle.
Par cette démarche, elle réclame la garantie d’une procédure judiciaire équitable pour l’animateur vedette de l’émission politique « Ranmase » sur Radio Télévision Caraïbes.
La lettre détaille le parcours de Jean-Monard Métellus, présenté comme un professionnel profondément engagé envers Haïti, au détriment de sa vie de famille. Résidant à l’étranger, son épouse affirme avoir élevé presque seule leurs enfants, assumant simultanément le rôle de mère et de père face aux longues absences de son mari.
Selon son témoignage, le journaliste ne passait que quelques semaines par an auprès de ses proches, manquant les étapes majeures de la vie de ses enfants, notamment des anniversaires, des rencontres sportives, des réunions scolaires et des cérémonies de remise de diplômes. Pour assurer la stabilité du foyer, Mme Métellus indique avoir abandonné ses études universitaires ainsi que plusieurs projets personnels.
Elle souligne que son époux a refusé de s’installer définitivement à l’étranger, malgré les risques inhérents à sa profession et ses problèmes de santé. « Comment peut-on consacrer plus de trente ans de sa vie à une nation et voir, un jour, son dévouement remis en question ? », s’interroge-t-elle, avant de conclure par un appel : « Haïti chérie, n’oublie pas ceux qui ont cru en toi ! »
Cette prise de parole survient dans un contexte procédural tendu. Le 24 juin 2026, le juge d’instruction Jean-Denis Cyprien avait émis un mandat d’amener à l’encontre du journaliste, après plusieurs convocations infructueuses.
Depuis Montréal où il résidait, Jean-Monard Métellus avait clarifié sa position au début du mois de juillet, affirmant qu’il n’entendait pas fuir la justice. Dans un communiqué officiel publié le 6 juillet 2026, il avait réitéré sa volonté de coopérer pleinement avec les autorités judiciaires haïtiennes, tout en exigeant des garanties formelles concernant sa sécurité avant son retour au pays.
Bien qu’il ne figurât pas parmi les adversaires politiques directs de Jovenel Moïse, Jean-Monard Métellus s’est distingué par ses analyses très critiques envers la gouvernance de l’ancien chef de l’État et par sa proximité notoire avec des figures de l’opposition. Son audition ce lundi constitue une étape clé dans le développement de l’instruction de ce dossier.