CAP-HAITIEN, le 7 mai 2026 — Le pouvoir intérimaire a officialisé ce mercredi la nomination de Michel Saint-Croix comme maire de la deuxième ville du pays. Cette décision provoque une onde de choc juridique : l’élu fait l’objet d’un arrêt de débet formel émis par la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSC/CA).
L’arrêt de débet, instrument de contrôle financier suprême, signifie que la CSC/CA a identifié des irrégularités graves ou des fonds non justifiés lors d’une gestion antérieure de M. Saint-Croix. Selon la Constitution et les lois sur l’administration publique, un tel arrêt rend tout citoyen inéligible à une fonction de comptable de deniers publics tant qu’il n’a pas obtenu décharge.
En propulsant Michel Saint-Croix à la tête de la mairie, l’exécutif passe outre les conclusions des auditeurs de l’État. Ce choix affaiblit l’autorité de la Cour des Comptes, l’institution chargée de veiller à la transparence des finances publiques, alors que le pays est sous pression internationale pour renforcer ses mécanismes de reddition de comptes.
Alors que le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé prône une gestion rigoureuse pour cette période de transition, cette nomination au Cap-Haitien envoie un signal contradictoire. Pour les experts en droit administratif, confier la gestion d’une commune à un administrateur « épinglé » par la CSC/CA constitue une violation flagrante des principes de probité administrative.
