Washington, le 6 mai 2026 — Lors d’un bilan d’étape au Conseil permanent, le Secrétaire général de l’OEA, Albert R. Ramdin, a réaffirmé l’engagement de l’organisation pour la stabilité d’Haïti. Entre assistance technique aux élections et lutte contre les gangs, l’OEA accélère, bien que son approche soit toujours contestée par les observateurs nationaux.

Fort de l’adoption du décret électoral de décembre 2025, l’OEA déploie désormais une assistance technique de pointe auprès du Conseil électoral provisoire (CEP) pour garantir des scrutins crédibles.

Sur le front de la sécurité, l’organisation soutient la composante civile de la Force de répression des gangs (FRG). Elle finance des formations spécialisées pour la police haïtienne (PNH), ciblant spécifiquement le démantèlement des réseaux criminels, la sécurité maritime et les enquêtes financières.

Pour optimiser l’aide internationale, un « tableau de bord » de la Feuille de route permet désormais un suivi des contributions en temps réel. Cette dynamique est renforcée par la nomination d’Alberto Föhrig comme Représentant spécial en Haïti, signalant une volonté de présence accrue sur le terrain.

Jean Josué Pierre, représentant d’Haïti à l’OEA, a salué ces avancées tout en annonçant une résolution cruciale pour l’Assemblée générale de juin 2026 au Panama.

Malgré cet optimisme institutionnel, le fossé se creuse avec la réalité sociopolitique. Pour de nombreux observateurs haïtiens, ces annonces s’apparentent à un éternel recommencement — un véritable « tonneau des Danaïdes ». On reproche à l’OEA une méconnaissance de la sociologie politique locale et une obstination à proposer des solutions « clés en main » à des acteurs haïtiens qui, eux, semblent s’accommoder de l’enlisement de la crise.