WASHINGTON – Le spectre d’une crise énergétique majeure se précise. Lors des réunions de printemps ce lundi 4 mai 2026, la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, a averti que l’enlisement du conflit au Moyen-Orient pourrait propulser le baril de pétrole à 125 dollars, balayant les espoirs d’une reprise économique stable.

Le FMI abandonne désormais ses scénarios optimistes. L’escalade des tensions force l’institution à réviser ses projections : une crise prolongée jusqu’en 2027 plongerait la croissance mondiale dans une zone de turbulences bien plus sévère que prévu.

S’exprimant à la conférence du Milken Institute, Michael K. Wirth, PDG de Chevron, a désigné le point de rupture : le détroit d’Ormuz. Un blocage de cette artère stratégique, par laquelle transite un cinquième de la consommation mondiale de pétrole, provoquerait une pénurie immédiate et incontrôlable. « La phase la plus critique est devant nous », a martelé Kristalina Georgieva, soulignant la fragilité extrême des flux d’approvisionnement.

Selon le Financial Times, le kérosène a doublé de prix suite aux perturbations en Iran. Les conséquences opérationnelles pour ce seul mois de mai sont massives notamment : 12 000 vols annulés à l’échelle mondiale,

2 millions de sièges supprimés, réduisant drastiquement l’offre. Et une explosion du prix des billets, menaçant de paralyser la mobilité internationale.

Au-delà de l’aviation, ce choc pétrolier risque d’alimenter une nouvelle spirale inflationniste sur les produits de base. Les économies émergentes et les pays importateurs de carburant, déjà lourdement endettés, pourraient faire face à des crises de balance des paiements. Les banques centrales, qui espéraient une baisse des taux d’intérêt en 2026, pourraient être contraintes de les maintenir élevés pour contenir la hausse des prix, freinant davantage l’investissement global.