PORT-AU-PRINCE – Face à la lenteur persistante de l’enregistrement des électeurs, les autorités électorales haïtiennes tentent de moderniser leurs outils. Le gouvernement a publié, le mardi 6 octobre 2026, une nouvelle version modifiée du décret électoral dans le journal officiel Le Moniteur. Parmi les innovations majeures de ce texte figure l’autorisation de l’inscription en ligne des citoyens sur le registre électoral. Cependant, dix jours après cette publication, le passage de la loi à la pratique se heurte à des obstacles techniques.

L’introduction de cette modalité numérique répond directement aux difficultés logistiques et aux lenteurs du processus sur le terrain, tout en visant à intégrer la diaspora haïtienne confrontée au manque d’infrastructures d’accueil à l’étranger.

Selon le deuxième paragraphe de l’article 59 de ce décret révisé, les citoyens ont désormais la possibilité de s’enregistrer par voie électronique via la plateforme numérique du Conseil électoral provisoire (CEP). L’accès à ce service est toutefois conditionné par la détention d’une Carte d’identification nationale (CIN) valide.


Le décret impose également des critères rigoureux en matière de sécurité. Le texte de loi précise que la plateforme du CEP doit impérativement respecter les normes internationales de sécurité biométrique. Cette exigence vise à garantir l’intégrité des inscriptions en ligne et à assurer une protection stricte des données personnelles des électeurs.

Malgré la promulgation de cette disposition légale, la réalité sur le terrain numérique est tout autre. Au 15 octobre 2026, la fonctionnalité d’inscription en ligne demeure totalement indisponible et non opérationnelle sur le site officiel du CEP. Les citoyens désireux d’utiliser cette option numérique se retrouvent dans l’impossibilité technique de le faire, le portail n’ayant pas encore intégré le système d’enregistrement biométrique requis.


Cette carence technique bloque une alternative pourtant jugée cruciale pour accélérer le recensement électoral à travers le pays et à l’extérieur.

Ce retard technique pèse lourdement sur le bilan global de l’enregistrement. L’opération d’inscription physique des citoyens, qui a débuté le 20 juillet 2026 dans les centres d’inscription et de vote (CIV) à travers les chefs-lieux des départements, affiche une progression extrêmement lente.
Les données arrêtées au 15 octobre 2026 révèlent que seuls 834 911 électeurs se sont inscrits sur le registre électoral. Ce chiffre témoigne d’un fossé immense par rapport à la population électorale globale d’Haïti, estimée à environ 7 millions de personnes.


Alors que le CEP continue de réajuster certaines échéances de son calendrier pour s’adapter aux modifications du décret, l’activation réelle et sécurisée de la plateforme d’inscription en ligne reste le principal défi à relever pour espérer une participation massive et inclusive aux prochaines élections générales.