Par Stanley Lucas
MRE (Morally Repugnant Elite) ou EMD (Elit Moral Degoutan) : est-ce vraiment une élite ?
Après avoir pris le controle du gouvernement, la coalition responsable de l’assassinat du Président Jovenel Moïse le 7 Juillet 2021 a fait des nominations pour un contrôle serré des postes diplomatiques clés d’Haïti. Dans ce contexte, des partisans zélés de l’élite répugnante et leurs valets politiques dans Lavalas et Inite ont été stratégiquement placés dans des postes clé de représentation afin de défendre les intérêts du régime de terreur.
L’appellation MRE (Morally Répugnant Élite) vient d’un diplomate américain révolté de leur comportement anti-peuple, anti Haïti et irresponsable.
Les oligarques corrompus sont la source principale des malheurs d’Haïti. La production nationale n’existe pas puisque cette « élite » refuse d’investir dans son pays. Sa stratégie économique est axée sur le pillage systématique de l’État, le détournement de l’aide externe, la contrebande, le blanchiment des fonds de la drogue et du kidnapping, l’importation à outrance et l’exploitation illégale des ressources naturelles et minières en association avec des étrangers corrompus.
Loups-garous de l’intérieur et loups-garous de l’extérieur
Cette élite moralement répugnante est responsable, en association avec certains acteurs politiques, des coups d’État, de la création des gangs, de la corruption généralisée et de l’importation des armes et munitions. Ces oligarques collaborent avec Luis Abinader, le Président Dominicain pour destabiliser et affaiblir Haïti. Réginald Boulos, Erroll Boulos, Dimitri Vorbe, Jean Marie Vorbe, Edouard Baussan, Carl Braun, Helmke, Reynold Deeb, Bigio… sont quelques éléments qui font partie de cette élite moralement répugnante.
Lionel Delatour, l’intermédiaire aux bras longs
Leur lobbyiste à Washington au cours des trente dernières années était Lionel Delatour. Il recevait des oligarques de la Unibank trente mille dollars américains par mois pour visiter aux Etats-Unis les think tank, le Congrès, le Département d’État, le Washington Post, le Miami Hérald en vue de défendre les intérêts des oligarques et leur agenda. Il identifiait aussi pour eux les institutions à financer.
Il aida les Boulos dans la création de l’organisation Haïti Democracy Project (HDP) à Washington dont il était membre.
Il ne fait pas de peinture naïve
Pour mieux s’insérer dans le Washington social et défendre leurs intérêts, les oligarques finançaient pour Delatour, des expositions de peintures haïtiennes. Delatour était aussi le défenseur de cette élite répugnante dans ses réunions avec la Banque Interaméricaine de Développement (BID), la Banque Mondiale et le FMI. Il a joué un rôle important, avec plusieurs autres acteurs de l’ADIH, dans le renouvellement du programme HOPE au Congrès. Cette législation qui crée cinquante mille emplois dans l’assemblage est un prolongement du Caribbean Bassin Initiative (CBI) du Congrès des Etats-Unis.
Un drôle de missionnaire : l’homme qui valait 5 millions
La mission principale de Lionel Delatour sera de convaincre le nouveau Secrétaire d’État américain Marco Rubio de retirer les noms des oligarques responsables de l’assassinat du Président Jovenel Moïse, de la création des gangs et de l’achat des armes et munitions de la liste des sanctions. Les oligarques lui ont promis une prime spéciale de cinq millions dollars américains pour cette mission. Sa seconde mission est de protéger le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) et le gouvernement Fils-Aimé, tous deux, impliqués dans les gangs, le trafique des armes et la corruption. L’agenda du coup d’État électoral de cette équipe rendra aussi impossible cette mission qui lui a été donnée. Delatour est à la fois arrogant, condescendant et astucieux. Il connait bien les rouages de Washington.
Ce sera le second tour de Lionel Delatour à l’ambassade d’Haïti à Washington oú il était le porte-parole en Février 1987 pour l’administration du Président Jean-Claude Duvalier. Le frère de Lionel, Patrick Delatour est Ministre du tourisme.
Le carroussel des promotions Lavalas. Ansyen bon toujou bon ?
Dans ce même ordre d’idées, les ambassadeurs suivants ont été nommés, Eric Pierre (Inite-Lavalas) ira aux Nations Unies, sa femme qui était Ministre des Finances deviendra Ministre de la Planification. Myrtha Désulmé (Lavalas) est nommée à l’OEA, Alrich Nicolas (Lavalas) à l’Union Européenne, Louino Volcy (Lavalas) en France, Jean Mary Vaval (Inite-lavalas) Vénézuela, Evens Souffrant (Lavalas) Vatican, Anthony Dessources (Lavalas) Canada, Leslie David (Zenny-Lambert-PHTK-Inite), Colombie, Harold Joseph (Lavalas) Japon, Hubert Labbé (PHTK-Leslie Voltaire) Mexique, Gandy Thomas, Italie, Lilas Desquiron, UNESCO. Les nommés, très âgés, ont entre soixante-huit et soixante-dix-neuf ans. Nicolas 68 ans, Delatour 74 ans, Eriq Pierre 79 ans, dans un pays où 70% de la population a moins de 30 ans. Solidarité générationelle et politique oblige.
La tristesse de ce meli melo diplomatique n’apportera pas à Haïti les deux-cents millions de dollars américains d’armes et de munitions nécéssaires à la police et l’armée d’Haïti pour rétablir la sécurité. Ils ne demanderont pas non plus une enquête internationale sur l’assassinat du Président Jovenel Moise comme cela avait été fait après l’éxécution du Premier Ministre du Liban Rafiq Hariri.
Le baromètre politique est déja nuageux à Port-au-Prince. Tout changement politique dans la capitale risque de provoquer des rappels immédiats dans la diplomatie. Ayiti se tè glise papa. Quel pays!
*Ambassadeur Stanley Lucas est un spécialiste en developpement politiques qui a travaillé en Amerique Latine, les Caraibes, l’Afrique, l’Afghanistan et le Moyen Orient. Il était le Conseiller Special du Président Jovenel Moïse.