



Urgence Climat : Haïti érige ses 18 500 écoles en remparts contre les désastres
Port-au-Prince, 5 mars 2026 — L’école haïtienne ne se contentera plus d’enseigner les lettres ; elle apprendra désormais à survivre. Sous l’égide du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, le Ministère de l’Éducation nationale (MENFP) et la Protection civile (DGPC) ont scellé, ce jeudi, un pacte stratégique pour transformer le système éducatif en un véritable bouclier national.
« L’école est la voie la plus sûre pour insuffler une culture du risque dans notre société », a martelé Emmanuel Pierre, directeur de la Protection civile. En ciblant les salles de classe, l’État parie sur un effet domino : des élèves et enseignants formés qui, à leur tour, éduquent les familles aux réflexes de survie face aux séismes et ouragans.
Le chantier, colossal, repose sur deux piliers majeurs présentés par le DG du MENFP, Yves Roblin notamment :
D’abord à travers les infrastructures résilientes où les 18 500 écoles du pays seront progressivement reconstruites ou renforcées selon des normes parasismiques et anticycloniques strictes.
Puis par une révolution pédagogique concernant l’intégration désormais de la gestion des risques (GRD) au cœur des nouveaux curricula, aux côtés de la maîtrise des technologies, de l’approche par compétences et du plurilinguisme (4 langues).
Ce virage historique, soutenu par la Banque mondiale via le projet PGRAC, s’appuie sur la redynamisation du Comité thématique Éducation et sensibilisation. Cette instance réunit des acteurs clés (ÉduPol, universités, secteur catholique et protestant) et des partenaires internationaux de premier plan comme Save the Children, Plan International et le CRS.
En transformant chaque salle de classe en un centre de prévention, Haïti ne se contente plus de subir les aléas climatiques : elle prépare la génération qui saura y faire face.