Le 17 juillet 2025, en sa résidence privée à Palm Beach, Florida, aux USA, Réginald Boulos, homme d’affaires et politicien haïtien, s’est fait arrêter par les agents de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), avec des charges comme des irrégularités dans les informations lors de sa demande de carte verte, entre autres. Il doit comparaître le 31 juillet prochain devant le tribunal de l’immigration pour connaître son sort. Fonce-t-il droit vers une déportation ? L’ancien diplomate américain d’origine haïtienne, Pierre Antoine Louis, sur les ondes de Gazette Haïti, a partagé des idées à ce sujet.
L’ancien diplomate, politologue et avocat américain, d’origine haïtienne, Pierre Antoine Louis, a évoqué la loi de 1952 sur l’immigration et la citoyenneté américaine pour cadrer ses dires autour de l’affaire, arguant que les USA peuvent décider de vous admettre ou vous exclure de leur territoire selon leurs intérêts nationaux. « Ce n’est pas un droit, mais un privilège », déclare-t-il.
L’ancien officier politique en Haïti fait état d’une question de sécurité nationale qui est dictée selon la politique diplomatique de l’administration, et affirme que dans l’affaire Boulos, il s’agit moins d’une question de preuves tangibles de violation de la loi américaine, mais surtout de la volonté des dirigeants américains d’envoyer un signal clair et fort aux Haïtiens. Dans cette veine, il pense que le 05 mai 2025, lors de la désignation des gangs haïtiens comme terroristes par les USA, ces derniers ont agi dans l’intérêt de leur pays, et l’affaire Boulos en est une manifestation palpable.
Pierre Antoine Louis y va sans hésitation : « Il est presque certain que Réginald Boulos va se faire déporter, car un tribunal de l’immigration se prononcera difficilement contre la politique diplomatique et migratoire de l’administration des USA. »
Il qualifie de priorité presqu’absolue le droit pour l’administration de mener sa politique migratoire et diplomatique comme elle l’entend.
Fort de ses quatre ans de résidence dans le pays, il était obligatoire que Boulos passe devant le tribunal de l’immigration pour décider de son sort. Toutefois, le connaisseur en la matière le voit retiré des États-Unis par le tribunal, sans pour autant omettre de mentionner son droit d’appel, une procédure qu’il qualifie de difficile pour l’inculpé.