Par Delice Delson

Un rapport accablant de plus de 41 pages, transmis récemment au parquet de Port-au-Prince, éclaire d’un jour nouveau les liens présumés entre deux anciens hauts fonctionnaires de l’État et le gang criminel « Viv Ansanm », actif dans plusieurs départements du pays.

Selon les conclusions des enquêteurs du Bureau des affaires criminelles, une branche spécialisée de la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ), l’ancienne directrice générale de la SMGRS, Magalie Habitant, et l’ex-député Prophane Victor, entretiendraient des relations étroites avec ce réseau criminel.

Le document met en évidence le rôle de chacun dans l’organisation : Magalie Habitant serait impliquée dans l’approvisionnement en munitions et dans la revente de biens volés par les membres du gang. De son côté, l’ancien parlementaire Prophane Victor aurait contribué financièrement aux opérations du groupe, notamment en période de rupture de stock de matériel.

Ces révélations, si elles sont confirmées par la justice, viennent renforcer les inquiétudes autour de la collusion entre des personnalités politiques et des organisations criminelles qui gangrènent le pays.

Dans ce contexte, le Bureau des affaires criminelles recommande l’émission de mandats d’arrêt contre plusieurs figures du réseau, notamment Joham Geraldy, Delva Pilota, Rolin Delva, et d’autres collaborateurs présumés.

L’opinion publique attend désormais la réaction des autorités judiciaires, alors que ce dossier pourrait marquer un tournant majeur dans la lutte contre l’impunité et le crime organisé en Haïti.

Delson Délice