La République n’a pas besoin de savants. Et Lavoisier fut guillotiné.
Antoine Laurent de Lavoisier est né le 26 août 1743 à Paris et a été guillotiné le 8 mai 1794 à Paris. Il avait 50 ans à Paris.
Lavoisier a raccourci son nom d’une particule et la République a raccourci son corps d’une tête.
Il avait bien tenté d’arracher un sursis au président du tribunal révolutionnaire, prétextant une expérience sur le feu. Ledit président aurait pu lui dire “Il y a rire et rire”, mais ça faisait somme toute moins classe. Il lui a balancé “la République n’a pas besoin de savants”. Et hop à la charrette.
Si la République n’a pas besoin de savants, la chimie a eu besoin de Lavoisier.
On le considère comme le père de la chimie moderne. Il a définitivement basculé l’alchimie, discipline symbolique et spirituelle, vers la chimie quantitative basée sur l’expérience.
On lui attribue la maxime célèbre : rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme.
Celle-ci résume très bien sa pensée, celle d’une science moderne où les éléments se recombinent entre eux, mais ne disparaissent pas, ni n’apparaissent par miracle.
Il est certain qu’il n’a pas dit cette phrase qui l’a pourtant rendu célèbre. C’est le propre des hommes illustres que d’être encore plus illustres pour des choses qu’ils n’ont pas faites.
Salukes
PS- L’estampe représente un moment clé de l’histoire de la chimie : Lavoisier fait réagir de l’hydrogène et de l’oxygène grâce à une étincelle électrique. Il crée ainsi de l’eau, de la bête eau. Il démontre que l’eau est n’est pas un élément mais un composé chimique. Or l’eau était justement un des éléments-clés des alchimistes. L’édifice alchimiste était remis en question. Par ailleurs, il obtenait autant d’eau qu’il n’avait de gaz au départ, d’où la fameuse : rien ne se crée etc…