Une rentrée judiciaire en Haïti sur fond de corruption et de soumission aux hors-la-loi

Par Ambassadeur Stanley Lucas*

Contexte
La justice haïtienne en 2023 est contrôlée, gérée, administrée par les hors-la-loi. Pour rétablir la sécurité et le régime de la loi, le nouveau premier ministre qui remplacera Ariel Henry devra rapporter toutes les nominations illégales réalisées et empreintes de corruptions effectuées au sein du pouvoir judiciaire au cours des vingt-six derniers mois. C’est un grand défi qu’il faudra relever si nous sommes d’accord que la justice élève une nation.

Le 2 octobre 2023 marque la date de la rentrée judiciaire en Haïti. Actuellement le régime de la loi, l‘égalité des citoyens devant la loi n’existent pas en Haïti.

Depuis l’assassinat du Président Jovenel Moïse le 7 Juillet 2021, les hors-la-loi ont pris le contrôle du pouvoir judiciaire avec la nomination de Berto Dorce, l’avocat de Dimitri et de Jean Marie Vorbe, comme ministre de la justice. Depuis ce sont les oligarques Vorbe, Boulos, les politiciens impliqués dans l’assassinat du président Jovenel Moïse et les gangs qui nomment et révoquent dans la justice.

Ce sont ces hors-la-loi qui travaillent contre les intérêts nationaux qui ont le contrôle des pouvoirs exécutif et judiciaire. Ils sont aussi les interlocuteurs privilégiés d’une partie de la communauté internationale.

Comment comprendre que des hors la loi décident de solliciter auprès du Conseil de Securité des Nations Unies une intervention de forces étrangères internationales pour venir les protéger en violation de la Constitution? Pourquoi depuis vingt-six mois ces hors-la-loi au pouvoir refusent de doter d’armements adéquats la police et l’armée haïtienne capables de détruire les gangs? Pourquoi laisser couler le sang des noirs d’Haiti durant vingt-six mois en refusant cette assistance militaire pour forcer une intervention militaire étrangère?

Le Conseil de Sécurité des Nations Unies doit statuer ce 2 Octobre soit un an plus tard sur la résolution en réponse à cette demande des hors la loi datée du 6 octobre 2022.

Retournons en arrière sur quelques faits troublants pour mieux comprendre la politisation, la corruption et le dysfonctionnement du pouvoir judiciaire en Haïti

Les fausses données avancées en automne 2016 par Pierre Esperance de connivence avec des acteurs dans le système judiciaire pour “inculper” le candidat JOVENEL Moïse dans une affaire de corruption. C’est un coup monté par Jocelerme Privert à cette époque pour éliminer JOVENEL Moise gagnant pour une deuxième fois les élections.

Les faits pour l’histoire
Pierre Espérance du Réseau National de Défense des droits humains (RNDDH) et le directeur de l’UCREF ont présenté quatre millions de gourdes qui étaient sur le compte familial de la famille Moïse pour quatre millions de dollars américains. Il a fallu dix-huit mois d’enquête pour découvrir leur montage mensonger. Ils ont eu le temps de semer la confusion dans l’opinion publique quant à la crédibilité du Président Jovenel Moïse fraîchement élu.

Le pouvoir judiciaire encouragé financièrement par les oligarques Boulos, Vorbe et certains entrepreneurs politiques et professionnels du chaos comme André Michel, Ricard Pierre, Antonio Cheramy, Nènèl Cassy, Evaliere Beauplan, Youri Latortue, Pierre Espérance ect. rentrera dans un processus permanent de formation de coups d’état . Ces politiciens ont faits croire aux juges qu’ils pouvaient être président provisoire de la République alors que c’est faux. Depuis l’amendement de la constitution de 1987, les juges ne peuvent plus être président provisoire. C’est seulement le partement qui a la prérogative d’élire un président provisoire à travers une élection au second degré. En absence d’un parlement c’est un premier ministre et le cabinet ministériel qui gèrent le pouvoir exécutif jusqu’à l’élection d’un nouveau président par le peuple haïtien.

Dès le mois de septembre 2017 le groupe SOGENER aidé de quelques parlementaires et des professionnels du chaos a déclenché la destabilisation. Manifestations empreintes de violences sauvages de l’opposition radicale, attaques violentes contre les écoles et élèves, marchés publics, commissariats, tribunaux incendiés. Le pouvoir judiciaire est resté passif et muet face à cette descente aux enfers quand elle n’était pas complice.

Des juges aspirants au pouvoir politique vont organiser des grèves quasi permanentes et présenter des revendications de toutes sortes pour bloquer le fonctionnement de l’appareil judiciaire pour contribuer à l’instabilité devant ouvrir la porte au coup d’état. Les juges politiques Ivickel Dabresil, Joseph Mécéne, Wendelle Coq, Jean Wilner Morin pour ne citer que ceux-là étaient en tête de fil.

Instrumentalisation politique de l’incident survenu à la Saline dans la nuit du 13 au 14 novembre 2018

Le juge d’instruction Jean Roger Noëlcius, sur demande de Me Mario Beauvoir, a émis illégalement un mandat contre le Président Jovenel Moïse en utilisant le dossier de la Saline alors que le juge d’instruction en charge du dossier de la Saline depuis le 4 janvier 2019 était Chavannes Étienne.

L’acte posé par Jean Roger Noëlcius est illégal et inconstitutionnel. Il semblerait que Pierre Espérance et Mario Beauvoir l’ont aidé dans cette action illégale dans un système judiciaire parallèle en marge du Tribunal de Première Instance près de Port au Prince.

Le Doyen du Tribunal de Première Instance de Port-si-Prince, Bernard Saint Vil et le Commissaire du Gouvernement auprès de cette juridiction, Eronce Villard, ont des éclaircissements à apporter sur ce mandat illégal. Est-ce que cela a été fait à leur insu ou avec leurs complicités?

Les faits entourant le coup d’Etat raté du 7 février 2021

L’oligarque Reginald Boulos ordonnerait à André Michel d’installer le juge à la Cour de Cassation, Joseph Mécéne Jean Louis comme président de la République pour remplacer Jovenel Moïse alors qu’il faisait avec son lobby à Washington la promotion d’un président provisoire. Et dans la soirée du 7 février 2021, André Michel est apparu publiquement dans un message pré enregistré en train de repéter le discours d’installation du juge Mécène Jean Louis. C’était une mascarade.

Il y a eu aussi tôt dans la matinée une tentative d’assassinat du Président Jovenel Moïse le 7 Février 2021 planifié par Dimitri Vorbe , Pasha Vorbe et Jean Marie Vorbe. Ces oligarques impliquèrent plusieurs éléments de la justice, la police et des entrepreneurs politiques dans ce scénario sur leur propriété à Ti bois. Parmi les putschistes on retrouvera le juge à la Cour de Cassation Ivickel Dabresil, l’Inspectrice générale de la police nationale Marie Louise Gauthier, l’ancienne déléguée lavalas de l’Ouest, sa sœur Marie Antoinette Gauthier, Dimitri Herard le commandant de la Sécurité Présidentielle qui a vendu la mèche, l’avocat Mario Beauvoir et plusieurs autres acteurs politiques. Cette tentative d’assassinat du Président Jovenel Moïse échoua et les putschistes arrêtés, mais libérés par ce système judiciaire politique et corrompu peu de temps après. Ceci ouvrira la porte pour préparer l’assassinat du 7 Juillet 2021.

Implication des acteurs du pouvoir judiciaire dans l’assassinat du Président Jovenel Moïse

Le 7 Juillet 2021 un élément clé du pouvoir judiciaire a été clairement identifié dans la planification finale conduisant à l’assassinat du Président Jovenel Moïse. Au devant de la scène on retrouve la juge à la Cour de Cassation Wendelle Coq qui aurait dû être installée comme Présidente provisoire de la république avec Ariel Henry comme Premier Ministre.

La réaction violente de la population contre les assassins du president porta les putschistes à se réfugier dans le maquis. La population haïtienne a capturé les 7 et 8 Juillet les soldats qui ont exécuté le crime et était à la recherche des oligarques Boulos et Vorbe déjà réfugiés à l’étranger.

Vu l’implication du pouvoir judiciaire dans ce crime, le Premier Ministre Claude Joseph et ministre des affaires étrangères a demandé via lettres formelles aux Nations Unies de nommer un Tribunal Spécial International pour enquêter sur l’assassinat du président comme cela a été fait après l’assassinat du premier ministre du Liban Rafiq Hariri. Ces lettres adressées au Secrétaire Général Antonio Gutteres transmises selon les normes diplomatiques datent du 19 Juillet et 3 Août 2021. Il a aussi sollicité la coopération du Fédéral Bureau of Investigation (FBI) des États Unis et des experts de la Colombie. Ceci pour enquêter dans les quatre juridictions impliquées dans le crime, Haïti, les États Unis, la Colombie et la République Dominicaine. De son côté le ministre de la justice Rockefeller Vincent a ordonné Immédiatement au procureur Bedford Claude de donner délégation à la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ) pour conduire l’enquête. La DCPJ soumettra un rapport d’approximativement de neuf-cents pages le 4 Août 2021.

Suite à la soumission de ce rapport, le procureur Bedford Claude invitera la compagnie téléphonique Digicel à fournir des précisions sur des appels téléphoniques effectués entre Ariel Henry et Joseph Félix Badio dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021.

Parallèlement, des mandats pour Dimitri Vorbe, Reginald Boulos, Jean Marie Vorbe, Jerry Tardieu sont émis le 9 Juillet 2021 par le procureur Bedford pour leur implication dans
l’assassinat du Président Jovenel Moïse. Ces puissants oligarques ont ignoré la justice haïtienne.

Une interdiction de départ contre le Premier Ministre Ariel Henry suite au rapport de la compagnie DIGICEL confirmant les appels sera émis. Un réquisitoire d’informé supplétif impliquant le premier ministre Ariel Henry fut envoyé par le procureur au greffe du cabinet d’instruction.

Les manœuvres pour faire obstruction au suivi de l’enquête de l’assassinat du président Jovenel Moïse

Berto Dorce, l’avocat des Vorbe et de la Sogener, a été nommé ministre de la justice pour torpiller le suivi de l’enquête et pour prendre au nom des oligarques et alliés politiques le contrôle du pouvoir judiciaire et des tribunaux. Berto Dorce est aussi l’avocat personnel d’Ariel Henry.

Immédiatement après cette nomination les hors-la-loi et la mafia judiciaire corrompus et criminels vont prendre le contrôle de la justice en Haïti, écartant du coup les juges honnêtes et intègres.

Berto Dorce serait un trafiquant de drogue qui a fait la prison dans le département du Sud. Il sera aussi impliqué dans le trafique des armes de Port-de-Paix.

Pour le compte des oligarques, des politiciens assassins et de la mafia judiciaire, Berto Dorcé ira vite en besogne pour vassaliser l’appareil judiciaire à leur profit.

Voilà quelques unes des décisions prises pour imposer le contrôle des hors-la-loi sur la justice haïtienne:

  • Mis à l’écart sans justification légale de l’interdiction de départ contre Ariel Henry;
  • Élimination du réquisitoire supplétif envoyé au greffe du cabinet d’instruction par le procureur Bedford Claude;
  • Mis à l’écart des dossiers de corruptions des oligarques Boulos et Vorbe et main levée illégale;
  • Nominations de juges corrompues au Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ);
  • Huit nominations illégales à la Cour de Cassation en violation de l’article 175 de la constitution;
  • Nomimations illégales de plus de cinquante juges d’instructions dont la plupart avait leur renouvellement de mandat bloqué par le CSPJ. Le Président du pouvoir judiciaire René Sylvestre avait refusé de renouveler leur mandat à cause de leurs implications dans la corruption, tentative de coup d’état et n’ayant pas le background académique pour assumer cette responsabilité. Chose étrange le président de l’APM applaudira ces nominations illégales et corrompues. Ce sont à ces juges corrompus que les dossiers judiciaires les plus sensibles ont été remis pour la manipulation politique et la protection des criminels. La mafia judiciaire est totalement renforcée et est plus que jamais une menace pour l’avenir de la démocratie en Haïti et le régime de la loi;
  • Deux ordonnances récentes reflètent cette corruption. L’ordonnance sur le trafic des armes de Port-de-Paix et celle sur la Caisse d’Assistance Sociale (CAS) où les “chefs” politiques ont été protégés malgré les crimes commis;
  • Les manipulations du juge Walther Voltaire dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat du Président Jovenel Moïse sont palpables depuis treize mois. Comme dans les deux ordonnances sus-mentionnées l’objectif est de protéger les grands criminel.

La rentrée judiciaire d’Octobre 2023 sera caractérisée par la corruption, la manipulation politique des décisions judiciaires par les oligarques et politiciens hors-la-loi qui ont le contrôle des pouvoirs exécutifs et judiciaires. Cela va accélérer et augmenter l’instabilité politique en Haïti.

Pour progresser le renvoi du gouvernement Ariel Henry devient donc une nécessité pour rétablir la sécurité, le régime de la loi et l’ordre constitutionnel. Il faudra un nouveau premier ministre et un gouvernement non impliqué dans les gangs et l’assassinat du président, l’annulation de toutes les nominations judiciaires fait au cours de vingt-six derniers mois, la nomination d’un conseil électoral non partisan.

  • Ambassadeur Stanley Lucas est un spécialiste en développement politique qui a travaillé en Amérique Latine, l’Afrique, l’Afghanistan et le Moyen Orient. Il était le Conseiller Special du Président Jovenel Moïse

Par Ambassadeur Stanley Lucas*

Contexte
La justice haïtienne en 2023 est contrôlée, gérée, administrée par les hors-la-loi. Pour rétablir la sécurité et le régime de la loi, le nouveau premier ministre qui remplacera Ariel Henry devra rapporter toutes les nominations illégales réalisées et empreintes de corruptions effectuées au sein du pouvoir judiciaire au cours des vingt-six derniers mois. C’est un grand défi qu’il faudra relever si nous sommes d’accord que la justice élève une nation.

Le 2 octobre 2023 marque la date de la rentrée judiciaire en Haïti. Actuellement le régime de la loi, l‘égalité des citoyens devant la loi n’existent pas en Haïti.

Depuis l’assassinat du Président Jovenel Moïse le 7 Juillet 2021, les hors-la-loi ont pris le contrôle du pouvoir judiciaire avec la nomination de Berto Dorce, l’avocat de Dimitri et de Jean Marie Vorbe, comme ministre de la justice. Depuis ce sont les oligarques Vorbe, Boulos, les politiciens impliqués dans l’assassinat du président Jovenel Moïse et les gangs qui nomment et révoquent dans la justice.

Ce sont ces hors-la-loi qui travaillent contre les intérêts nationaux qui ont le contrôle des pouvoirs exécutif et judiciaire. Ils sont aussi les interlocuteurs privilégiés d’une partie de la communauté internationale.

Comment comprendre que des hors la loi décident de solliciter auprès du Conseil de Securité des Nations Unies une intervention de forces étrangères internationales pour venir les protéger en violation de la Constitution? Pourquoi depuis vingt-six mois ces hors-la-loi au pouvoir refusent de doter d’armements adéquats la police et l’armée haïtienne capables de détruire les gangs? Pourquoi laisser couler le sang des noirs d’Haiti durant vingt-six mois en refusant cette assistance militaire pour forcer une intervention militaire étrangère?

Le Conseil de Sécurité des Nations Unies doit statuer ce 2 Octobre soit un an plus tard sur la résolution en réponse à cette demande des hors la loi datée du 6 octobre 2022.

Retournons en arrière sur quelques faits troublants pour mieux comprendre la politisation, la corruption et le dysfonctionnement du pouvoir judiciaire en Haïti

Les fausses données avancées en automne 2016 par Pierre Esperance de connivence avec des acteurs dans le système judiciaire pour “inculper” le candidat JOVENEL Moïse dans une affaire de corruption. C’est un coup monté par Jocelerme Privert à cette époque pour éliminer JOVENEL Moise gagnant pour une deuxième fois les élections.

Les faits pour l’histoire
Pierre Espérance du Réseau National de Défense des droits humains (RNDDH) et le directeur de l’UCREF ont présenté quatre millions de gourdes qui étaient sur le compte familial de la famille Moïse pour quatre millions de dollars américains. Il a fallu dix-huit mois d’enquête pour découvrir leur montage mensonger. Ils ont eu le temps de semer la confusion dans l’opinion publique quant à la crédibilité du Président Jovenel Moïse fraîchement élu.

Le pouvoir judiciaire encouragé financièrement par les oligarques Boulos, Vorbe et certains entrepreneurs politiques et professionnels du chaos comme André Michel, Ricard Pierre, Antonio Cheramy, Nènèl Cassy, Evaliere Beauplan, Youri Latortue, Pierre Espérance ect. rentrera dans un processus permanent de formation de coups d’état . Ces politiciens ont faits croire aux juges qu’ils pouvaient être président provisoire de la République alors que c’est faux. Depuis l’amendement de la constitution de 1987, les juges ne peuvent plus être président provisoire. C’est seulement le partement qui a la prérogative d’élire un président provisoire à travers une élection au second degré. En absence d’un parlement c’est un premier ministre et le cabinet ministériel qui gèrent le pouvoir exécutif jusqu’à l’élection d’un nouveau président par le peuple haïtien.

Dès le mois de septembre 2017 le groupe SOGENER aidé de quelques parlementaires et des professionnels du chaos a déclenché la destabilisation. Manifestations empreintes de violences sauvages de l’opposition radicale, attaques violentes contre les écoles et élèves, marchés publics, commissariats, tribunaux incendiés. Le pouvoir judiciaire est resté passif et muet face à cette descente aux enfers quand elle n’était pas complice.

Des juges aspirants au pouvoir politique vont organiser des grèves quasi permanentes et présenter des revendications de toutes sortes pour bloquer le fonctionnement de l’appareil judiciaire pour contribuer à l’instabilité devant ouvrir la porte au coup d’état. Les juges politiques Ivickel Dabresil, Joseph Mécéne, Wendelle Coq, Jean Wilner Morin pour ne citer que ceux-là étaient en tête de fil.

Instrumentalisation politique de l’incident survenu à la Saline dans la nuit du 13 au 14 novembre 2018

Le juge d’instruction Jean Roger Noëlcius, sur demande de Me Mario Beauvoir, a émis illégalement un mandat contre le Président Jovenel Moïse en utilisant le dossier de la Saline alors que le juge d’instruction en charge du dossier de la Saline depuis le 4 janvier 2019 était Chavannes Étienne.

L’acte posé par Jean Roger Noëlcius est illégal et inconstitutionnel. Il semblerait que Pierre Espérance et Mario Beauvoir l’ont aidé dans cette action illégale dans un système judiciaire parallèle en marge du Tribunal de Première Instance près de Port au Prince.

Le Doyen du Tribunal de Première Instance de Port-si-Prince, Bernard Saint Vil et le Commissaire du Gouvernement auprès de cette juridiction, Eronce Villard, ont des éclaircissements à apporter sur ce mandat illégal. Est-ce que cela a été fait à leur insu ou avec leurs complicités?

Les faits entourant le coup d’Etat raté du 7 février 2021

L’oligarque Reginald Boulos ordonnerait à André Michel d’installer le juge à la Cour de Cassation, Joseph Mécéne Jean Louis comme président de la République pour remplacer Jovenel Moïse alors qu’il faisait avec son lobby à Washington la promotion d’un président provisoire. Et dans la soirée du 7 février 2021, André Michel est apparu publiquement dans un message pré enregistré en train de repéter le discours d’installation du juge Mécène Jean Louis. C’était une mascarade.

Il y a eu aussi tôt dans la matinée une tentative d’assassinat du Président Jovenel Moïse le 7 Février 2021 planifié par Dimitri Vorbe , Pasha Vorbe et Jean Marie Vorbe. Ces oligarques impliquèrent plusieurs éléments de la justice, la police et des entrepreneurs politiques dans ce scénario sur leur propriété à Ti bois. Parmi les putschistes on retrouvera le juge à la Cour de Cassation Ivickel Dabresil, l’Inspectrice générale de la police nationale Marie Louise Gauthier, l’ancienne déléguée lavalas de l’Ouest, sa sœur Marie Antoinette Gauthier, Dimitri Herard le commandant de la Sécurité Présidentielle qui a vendu la mèche, l’avocat Mario Beauvoir et plusieurs autres acteurs politiques. Cette tentative d’assassinat du Président Jovenel Moïse échoua et les putschistes arrêtés, mais libérés par ce système judiciaire politique et corrompu peu de temps après. Ceci ouvrira la porte pour préparer l’assassinat du 7 Juillet 2021.

Implication des acteurs du pouvoir judiciaire dans l’assassinat du Président Jovenel Moïse

Le 7 Juillet 2021 un élément clé du pouvoir judiciaire a été clairement identifié dans la planification finale conduisant à l’assassinat du Président Jovenel Moïse. Au devant de la scène on retrouve la juge à la Cour de Cassation Wendelle Coq qui aurait dû être installée comme Présidente provisoire de la république avec Ariel Henry comme Premier Ministre.

La réaction violente de la population contre les assassins du president porta les putschistes à se réfugier dans le maquis. La population haïtienne a capturé les 7 et 8 Juillet les soldats qui ont exécuté le crime et était à la recherche des oligarques Boulos et Vorbe déjà réfugiés à l’étranger.

Vu l’implication du pouvoir judiciaire dans ce crime, le Premier Ministre Claude Joseph et ministre des affaires étrangères a demandé via lettres formelles aux Nations Unies de nommer un Tribunal Spécial International pour enquêter sur l’assassinat du président comme cela a été fait après l’assassinat du premier ministre du Liban Rafiq Hariri. Ces lettres adressées au Secrétaire Général Antonio Gutteres transmises selon les normes diplomatiques datent du 19 Juillet et 3 Août 2021. Il a aussi sollicité la coopération du Fédéral Bureau of Investigation (FBI) des États Unis et des experts de la Colombie. Ceci pour enquêter dans les quatre juridictions impliquées dans le crime, Haïti, les États Unis, la Colombie et la République Dominicaine. De son côté le ministre de la justice Rockefeller Vincent a ordonné Immédiatement au procureur Bedford Claude de donner délégation à la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ) pour conduire l’enquête. La DCPJ soumettra un rapport d’approximativement de neuf-cents pages le 4 Août 2021.

Suite à la soumission de ce rapport, le procureur Bedford Claude invitera la compagnie téléphonique Digicel à fournir des précisions sur des appels téléphoniques effectués entre Ariel Henry et Joseph Félix Badio dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021.

Parallèlement, des mandats pour Dimitri Vorbe, Reginald Boulos, Jean Marie Vorbe, Jerry Tardieu sont émis le 9 Juillet 2021 par le procureur Bedford pour leur implication dans
l’assassinat du Président Jovenel Moïse. Ces puissants oligarques ont ignoré la justice haïtienne.

Une interdiction de départ contre le Premier Ministre Ariel Henry suite au rapport de la compagnie DIGICEL confirmant les appels sera émis. Un réquisitoire d’informé supplétif impliquant le premier ministre Ariel Henry fut envoyé par le procureur au greffe du cabinet d’instruction.

Les manœuvres pour faire obstruction au suivi de l’enquête de l’assassinat du président Jovenel Moïse

Berto Dorce, l’avocat des Vorbe et de la Sogener, a été nommé ministre de la justice pour torpiller le suivi de l’enquête et pour prendre au nom des oligarques et alliés politiques le contrôle du pouvoir judiciaire et des tribunaux. Berto Dorce est aussi l’avocat personnel d’Ariel Henry.

Immédiatement après cette nomination les hors-la-loi et la mafia judiciaire corrompus et criminels vont prendre le contrôle de la justice en Haïti, écartant du coup les juges honnêtes et intègres.

Berto Dorce serait un trafiquant de drogue qui a fait la prison dans le département du Sud. Il sera aussi impliqué dans le trafique des armes de Port-de-Paix.

Pour le compte des oligarques, des politiciens assassins et de la mafia judiciaire, Berto Dorcé ira vite en besogne pour vassaliser l’appareil judiciaire à leur profit.

Voilà quelques unes des décisions prises pour imposer le contrôle des hors-la-loi sur la justice haïtienne:

  • Mis à l’écart sans justification légale de l’interdiction de départ contre Ariel Henry;
  • Élimination du réquisitoire supplétif envoyé au greffe du cabinet d’instruction par le procureur Bedford Claude;
  • Mis à l’écart des dossiers de corruptions des oligarques Boulos et Vorbe et main levée illégale;
  • Nominations de juges corrompues au Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ);
  • Huit nominations illégales à la Cour de Cassation en violation de l’article 175 de la constitution;
  • Nomimations illégales de plus de cinquante juges d’instructions dont la plupart avait leur renouvellement de mandat bloqué par le CSPJ. Le Président du pouvoir judiciaire René Sylvestre avait refusé de renouveler leur mandat à cause de leurs implications dans la corruption, tentative de coup d’état et n’ayant pas le background académique pour assumer cette responsabilité. Chose étrange le président de l’APM applaudira ces nominations illégales et corrompues. Ce sont à ces juges corrompus que les dossiers judiciaires les plus sensibles ont été remis pour la manipulation politique et la protection des criminels. La mafia judiciaire est totalement renforcée et est plus que jamais une menace pour l’avenir de la démocratie en Haïti et le régime de la loi;
  • Deux ordonnances récentes reflètent cette corruption. L’ordonnance sur le trafic des armes de Port-de-Paix et celle sur la Caisse d’Assistance Sociale (CAS) où les “chefs” politiques ont été protégés malgré les crimes commis;
  • Les manipulations du juge Walther Voltaire dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat du Président Jovenel Moïse sont palpables depuis treize mois. Comme dans les deux ordonnances sus-mentionnées l’objectif est de protéger les grands criminel.

La rentrée judiciaire d’Octobre 2023 sera caractérisée par la corruption, la manipulation politique des décisions judiciaires par les oligarques et politiciens hors-la-loi qui ont le contrôle des pouvoirs exécutifs et judiciaires. Cela va accélérer et augmenter l’instabilité politique en Haïti.

Pour progresser le renvoi du gouvernement Ariel Henry devient donc une nécessité pour rétablir la sécurité, le régime de la loi et l’ordre constitutionnel. Il faudra un nouveau premier ministre et un gouvernement non impliqué dans les gangs et l’assassinat du président, l’annulation de toutes les nominations judiciaires fait au cours de vingt-six derniers mois, la nomination d’un conseil électoral non partisan.

  • Ambassadeur Stanley Lucas est un spécialiste en développement politique qui a travaillé en Amérique Latine, l’Afrique, l’Afghanistan et le Moyen Orient. Il était le Conseiller Special du Président Jovenel Moïse