Port-au-Prince, le 30 septembre 2026 – Dans une note circulaire officielle (No. 001) publiée ce mercredi, le ministère de l’Économie et des Finances (MEF) a tapé du poing sur la table. Signé par le ministre Serge Gabriel Collin, ce document transmis à l’Administration Générale des Douanes (AGD) vise à clarifier et à restreindre drastiquement les mécanismes de transbordement de marchandises en provenance de pays tiers transitant par le territoire voisin.
Le cœur de cette directive est sans équivoque : l’État haïtien refuse désormais de reconnaître toute forme de transit ou de mécanisme logistique basé en République Dominicaine pour les produits extérieurs destinés à son marché.
« L’État haïtien ne reconnaît, sur le territoire de la République dominicaine, aucun port sec ni aucun mécanisme de transbordement ou de transit de marchandises en provenance de pays tiers et destinées à la République d’Haïti », stipule fermement le texte du MEF.
Par cette mesure, les autorités entendent bloquer une faille logistique majeure. Désormais, toutes les marchandises étrangères destinées à Haïti doivent obligatoirement être acheminées en ligne directe vers les ports maritimes ou les aéroports internationaux du pays. Une fois sur place, elles seront soumises aux contrôles douaniers stricts de l’AGD et aux paiements des taxes applicables. L’objectif affiché est d’empêcher que le territoire dominicain ne serve de plateforme de contournement pour échapper à la vigilance fiscale haïtienne.
Conscient de l’impact économique potentiel d’une telle mesure, le ministère a toutefois tenu à apporter une nuance importante. Cette restriction ne cible pas les produits directement fabriqués chez le voisin insulaire.
Le commerce transfrontalier des marchandises légalement produites en République Dominicaine demeure ainsi pleinement autorisé. Ces biens pourront continuer à franchir la frontière via les points d’entrée terrestres officiels, à condition de se conformer strictement aux dispositions douanières et commerciales en vigueur.
Cette circulaire s’inscrit dans le cadre d’un renforcement global de la sécurité économique et territoriale. L’AGD a reçu l’ordre formel d’intensifier ses contrôles aux frontières, en étroite collaboration avec les forces de sécurité et les autorités compétences.
Au-delà de la lutte directe contre la fraude douanière et les trafics illicites, cette initiative cherche à protéger les recettes fiscales de l’État, une ressource essentielle dans le contexte économique actuel. Le ministère prévient qu’aucune exception ne sera tolérée : toute violation des dispositions de cette circulaire entraînera des sanctions administratives et pénales sévères, conformément au Code douanier.
Reste à voir comment le secteur importateur haïtien et les autorités dominicaines réagiront à ce nouveau tournant réglementaire, qui promet de redéfinir en profondeur les flux logistiques de l’île.