BOGOTA — À moins de deux semaines du scrutin présidentiel du 31 mai 2026, la Colombie replonge dans ses heures les plus sombres. Une nouvelle attaque ciblée vient de frapper de plein fouet le processus démocratique, confirmant la dégradation brutale de la sécurité nationale à l’approche du vote.
Le drame s’est produit dans la soirée du vendredi 15 mai 2026 dans la zone rurale de la municipalité de Cubarral, située dans le département de Meta, une région historiquement disputée. Des hommes armés circulant à moto ont intercepté et abattu Rogers Mauricio Devia Escobar et Fabián Cardona, deux agents de campagne d’Abelardo de la Espriella, le candidat de la droite. Les victimes ont été exécutées alors qu’elles transportaient du matériel de propagande électorale qu’elles venaient de récupérer à Villavicencio.
Ce double homicide s’infiltre dans une spirale de violence politique que les autorités peinent à endiguer. Pour les observateurs, cet attentat est directement lié à la mort en août 2025 du candidat à la présidence Miguel Uribe Turbay. Ce dernier avait succombé à ses blessures après avoir été la cible de tirs lors d’un rassemblement politique à Bogotá, plongeant à l’époque le pays dans la stupeur et l’indignation générale.
Dix ans après l’accord de paix historique avec les FARC, l’illusion d’une pacification s’effondre. Le vide étatique laissé dans certaines régions est aujourd’hui occupé par des milices anti-drogue et des groupes armés dissidents. Avec un bilan sanglant de plus de 60 militants et dirigeants locaux tués au cours de cette seule campagne, l’ombre de la peur plane désormais sur le choix des électeurs.
