
Port-au-Prince, le 4 mai 2026 – Face aux défis croissants de la souveraineté alimentaire, le Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural (MARNDR) a franchi une étape décisive. À travers le Projet d’Agriculture Résiliente pour la Sécurité Alimentaire (PARSA), le ministère a officiellement lancé ce lundi, à l’hôtel Karibe, un atelier de trois jours dédié à la redynamisation de la Table Sectorielle Agricole (TSA).

Cette initiative de haute importance rassemble les hauts dignitaires du gouvernement, les partenaires techniques et financiers (PTF), ainsi que les acteurs clés du monde rural. L’objectif est clair : briser l’isolement des interventions et instaurer une coordination millimétrée pour maximiser l’impact des investissements dans les filières agricoles.
Du 4 au 6 mai, les travaux s’articuleront autour de trois piliers stratégiques :
Réforme Structurelle : Clarification du mandat de la TSA et synchronisation des actions entre les bureaux centraux et les directions départementales.
Soutien à la Production Locale : Un focus majeur sera mis sur les achats locaux pour l’alimentation scolaire, visant à transformer les cantines en débouchés durables pour nos agriculteurs.
Résilience et Pérennité : Définition d’une feuille de route pour que les projets ne soient plus des actions éphémères, mais des leviers de développement à long terme.
Lors de son discours d’ouverture, le Directeur général du MARNDR, l’agronome Pierre-Richard René, a plaidé pour un réalisme sans faille. « Nous ne sommes pas ici pour de simples discussions théoriques. Il nous faut une feuille de route pragmatique qui réponde aux besoins immédiats de la population », a-t-il martelé, tout en saluant l’appui technique du Programme Alimentaire Mondial (PAM) et l’engagement des cadres du ministère.

Le contexte est d’autant plus pressant que les derniers chiffres de la Coordination Nationale de la Sécurité Alimentaire (CNSA) et de l’analyse IPC montrent une précarité alarmante. Wilfrid Nkwambi, chef de programme du PAM en Haïti, a réitéré l’engagement de l’agence onusienne à soutenir cette relance. Pour le PAM, la TSA est l’outil indispensable pour aligner l’aide internationale sur les priorités nationales définies par l’État haïtien.
En renforçant la Table Sectorielle Agricole, le MARNDR espère non seulement mieux canaliser l’aide étrangère, mais surtout redonner au secteur agricole son rôle de moteur économique. L’élaboration de cette nouvelle feuille de route marquera, au terme de ces trois jours, un tournant vers une gestion plus rigoureuse et transparente des ressources agricoles du pays.
