La terreur a de nouveau frappé le département de l’Artibonite au petit matin de ce lundi 13 avril 2026. La localité de Kapenyen, située dans la commune de l’Estère, est la cible d’une offensive brutale menée par une alliance criminelle entre les gangs « Gran Grif » et « Kokorat San Ras ». Face à cette invasion, les forces de l’ordre tentent de coordonner une réponse pour freiner la progression des assaillants.

Par Sefirot24.com

L’ESTÈRE – Il était environ 2 h du matin ce lundi lorsque le silence de Kapenyen a été brisé par des tirs nourris d’armes automatiques. Selon les témoignages concordants, il ne s’agit pas d’une simple escarmouche, mais d’une attaque coordonnée impliquant deux des groupes les plus redoutés de la région : le gang « Gran Grif » de Liancourt (Savien) et les criminels du groupe « Kokorat San Ras ».

L’ancien député de la circonscription, Raynald Exantus, a confirmé l’ampleur du désastre lors d’une intervention sur les ondes locales. Le tableau dépeint est apocalyptique : des résidents fauchés par des projectiles en tentant de fuir, et plusieurs maisons délibérément incendiées, laissant des dizaines de familles sans abri et livrées à l’errance.

Cette nouvelle incursion met en lumière la stratégie de « terre brûlée » adoptée par ces gangs pour étendre leur contrôle sur les axes routiers stratégiques de la vallée de l’Artibonite.

Face à cette montée en puissance, la Police Nationale d’Haïti (PNH) a mobilisé des unités spécialisées de la Direction Départementale de l’Artibonite. Des sources policières indiquent que des blindés ont été déployés sur les axes principaux pour tenter de briser l’encerclement de la localité et sécuriser la route nationale, souvent coupée par les bandits lors de telles offensives.

Malgré la supériorité numérique apparente des assaillants dans certaines zones reculées, les forces de l’ordre procèdent actuellement à des manœuvres de dissuasion. L’objectif immédiat est de créer un corridor de sécurité pour permettre l’évacuation des blessés vers les centres hospitaliers de Saint-Marc ou des Gonaïves.

Le bilan provisoire reste difficile à établir avec précision, les détonations se faisant encore entendre dans les environs de Kapenyen. Cette énième attaque vient s’ajouter à la longue liste des martyres de la vallée, soulignant l’urgence d’une intervention d’envergure pour démanteler cette coalition criminelle transfrontalière qui asphyxie l’économie agricole du Bas-Artibonite.


Pour l’heure, la population civile, terrorisée, attend un renforcement des patrouilles fixes afin d’empêcher le retour des bandits une fois les unités mobiles reparties.