L’Office de la protection du citoyen (OPC) a marqué sa présence ce lundi au Palais des Nations à Genève. Participant à une session clé du Réseau des institutions nationales des droits de l’homme des Amériques (RINDHCA), l’institution haïtienne s’est imposée au cœur des débats internationaux en marge de la réunion annuelle de l’Alliance mondiale des institutions nationales des droits de l’homme (GANHRI).

Ce rassemblement de haut niveau a permis de réunir les principaux défenseurs des libertés fondamentales du continent. Dans ce cadre prestigieux, le Protecteur du citoyen, Me Jean Wilner Morin, a pris la parole pour exposer l’urgence démocratique qui paralyse Haïti, attirant l’attention de ses homologues sur la fragilité des acquis civiques dans le pays.

Le point d’orgue de son intervention a porté sur le rétablissement du droit de vote pour chaque citoyen haïtien. Face à l’imminence des prochaines élections générales, Me Morin a lancé un vibrant plaidoyer pour le respect de la souveraineté populaire, rappelant avec gravité qu’aucun scrutin n’a pu être organisé sur le sol national depuis près d’une décennie.

Abordant le volet sécuritaire, condition sine qua non de tout processus électoral crédible, le Protecteur a salué les efforts récents de la Police nationale d’Haïti (PNH) et des Forces armées d’Haïti (FAd’H). Ces institutions luttent quotidiennement pour reprendre le contrôle des zones de non-droit, un combat essentiel pour la protection des vies humaines.

Toutefois, Me Morin n’a pas occulté la réalité brutale du terrain, soulignant la persistance des menaces posées par les groupes armés. Il a particulièrement mis l’accent sur la dégradation de la situation dans le département de l’Artibonite, devenu un foyer d’instabilité majeur où les droits les plus élémentaires de la population sont bafoués.

Au-delà de la crise nationale, l’enjeu pour l’OPC à Genève est également institutionnel. L’organisme se prépare à une audition cruciale devant la commission d’accréditation de la GANHRI. L’objectif est de conserver son « statut A », le grade le plus élevé récompensant les institutions respectant pleinement les Principes de Paris.

Ce maintien est vital pour la reconnaissance internationale d’Haïti sur la scène des droits humains. Après un précédent report causé par des recommandations non encore appliquées, cette démarche représente une étape décisive pour garantir que la voix des citoyens haïtiens continue d’être portée avec force et crédibilité dans les instances mondiales.