Le département du Sud franchit une étape décisive dans la lutte contre les Violences Basées sur le Genre (VBG). Ce samedi 28 mars 2026, le Ministère à la Condition Féminine et aux Droits des Femmes (MCFDF) et l’UNFPA ont clôturé un atelier stratégique de renforcement des capacités. Cette initiative, axée sur la redynamisation de la Table Sectorielle VBG, vise à outiller les acteurs institutionnels et humanitaires pour une prise en charge plus efficace et coordonnée des survivantes dans la région.

Sous l’égide de Madame Marie Carline Laurenceau, coordonnatrice de l’UCDD/MCFDF, cette ultime journée a été consacrée à la maîtrise des seize normes minimales inter-agences. Ces standards internationaux, essentiels pour la programmation des interventions en situations d’urgence, ont été contextualisés à la réalité haïtienne. L’objectif est clair : harmoniser les pratiques pour qu’aucune victime ne soit laissée pour compte, particulièrement lorsque les structures étatiques sont sous pression.


Le diagnostic posé par les participants lors des échanges est sans appel. Entre l’explosion démographique due aux déplacés de Port-au-Prince, l’insécurité alimentaire et la paupérisation croissante, les risques de violences explosent. Le manque de structures de santé de proximité, l’absence d’appui psychologique spécialisé et la revictimisation des femmes au sein du système judiciaire ont été identifiés comme des barrières majeures à une réponse adéquate dans le Sud.


Face à ces défis, l’atelier a permis de jeter les bases d’une meilleure coordination multisectorielle. En s’appropriant les fonctions clés du sous-cluster VBG, les acteurs locaux s’engagent désormais à suivre une liste rigoureuse de livrables et à appliquer des protocoles de référencement standardisés. Cette approche partagée doit permettre d’éviter les doublons et de garantir que chaque ressource financière ou humaine soit utilisée de manière optimale sur le terrain.


La session ne s’est pas limitée à la théorie. Des travaux pratiques intensifs ont forcé les participants à analyser des scénarios de vulnérabilité et des rapports de pouvoir complexes. Ces exercices de simulation ont permis de proposer des mesures concrètes pour atténuer les risques de VBG dès la conception des programmes humanitaires, garantissant ainsi que l’aide distribuée ne génère pas de nouvelles violences par manque de vigilance.


L’évaluation finale de la formation a témoigné d’une satisfaction générale et d’une réelle montée en compétences. Les participants repartent avec une compréhension commune des concepts de protection, validée par un test rigoureux. Ce consensus technique est le socle indispensable sur lequel repose la nouvelle dynamique de la Table Sectorielle, transformant les engagements institutionnels en actions concrètes et mesurables pour les femmes du département.


En clôturant cet atelier, le MCFDF et l’UNFPA réitèrent leur volonté de placer le genre au cœur de chaque projet de développement et d’urgence. La redynamisation de cet espace de concertation dans le Sud n’est pas une fin en soi, mais le point de départ d’une surveillance accrue et d’une solidarité renforcée. Désormais, les acteurs du Sud parlent d’une seule voix pour briser le cycle de l’impunité et offrir un refuge sûr aux plus vulnérables.