YAOUNDÉ (Cameroun) – En prélude à la 14ème Conférence Ministérielle (CM14) de l’Organisation Mondiale du Commerce, le Ministre haïtien du Commerce et de l’Industrie, James Monazard, a porté la voix des pays les plus vulnérables ce mercredi 25 mars 2026. Son message est sans équivoque : le système multilatéral actuel doit opérer une mue profonde pour ne plus laisser les Pays les Moins Avancés (PMA) en marge de la croissance mondiale.





Dans un climat international fragmenté par les tensions géopolitiques, le Ministre Monazard a exhorté l’OMC à ne pas se contenter de demi-mesures. Pour Port-au-Prince, la survie du multilatéralisme dépend de sa capacité à corriger les asymétries historiques. Haïti réclame une réforme axée sur trois piliers : équité, transparence et inclusion, afin que les règles du commerce cessent d’être un frein pour devenir un moteur de développement.



Le point d’orgue de l’intervention a concerné l’agriculture. Dans un pays comme Haïti, où l’instabilité des prix mondiaux impacte directement le panier de la ménagère, le Ministre a rappelé que la sécurité alimentaire n’est pas qu’une statistique, mais un enjeu de dignité nationale.


La demande d’Haïti concerne des avancées concrètes sur les stocks publics à des fins de sécurité alimentaire et l’élimination des distorsions qui nuisent aux petits producteurs locaux.


S’alignant fermement sur les positions du G90 (alliance des pays en développement), la délégation haïtienne a insisté sur le « Traitement spécial et différencié ». L’idée est simple, on ne peut pas demander les mêmes efforts de libéralisation à une économie en reconstruction qu’à une puissance industrielle.



Sur le dossier sensible des subventions à la pêche, Haïti a prôné un équilibre : protéger les océans, certes, mais sans pénaliser la pêche artisanale qui fait vivre des milliers de familles haïtiennes.


James Monazard a également élargi le débat en introduisant des leviers de croissance modernes notamment :


le transfert de technologies pour réduire la fracture numérique, le transferts de fonds pour faciliter une réduction des coûts des frais d’envoi de la diaspora, vitaux pour l’économie nationale et enfin une aide pour le commerce avec un renforcement du Cadre intégré renforcé (CIR) pour structurer les filières d’exportation.


En somme, le Ministre a placé les membres de l’OMC face à leurs responsabilités. Selon lui, la CM14 sera jugée sur sa capacité à produire des résultats tangibles. Pour Haïti, le cap est fixé : transformer les discours de solidarité en engagements contraignants pour un ordre commercial résolument tourné vers le développement des plus vulnérables.