Élections : Le CEP valide 282 partis, la classe politique en ébullition


Port-au-Prince, 26 mars 2026 — Le Conseil Électoral Provisoire (CEP) vient de franchir une étape décisive, mais non sans heurts, dans le processus électoral. Sur 320 dossiers passés au crible, 282 formations politiques ont reçu le feu vert officiel pour participer aux prochaines joutes. Si ce chiffre témoigne d’un dynamisme apparent, il cristallise déjà de vives tensions au sein de l’opinion publique et des états-majors politiques.




La liste officielle confirme la présence des forces traditionnelles, mais aussi de nouvelles coalitions nées de la crise de ces dernières années :

Les Incontournables : Le PHTK, l’OPL d’Edgard Leblanc Fils, et Fanmi Lavalas marquent leur territoire.

L’Opposition et la Rupture : Le parti EDE de Claude Joseph et Pitit Dessalines de Moïse Jean-Charles confirment leur participation, aux côtés de structures issues de l’Accord de Montana.

Renouveau : Une percée notable de partis portés par des cadres de la diaspora et des mouvements de jeunes a été enregistrée, suggérant une volonté de renouvellement du personnel politique.


Si pour les partis agréés, c’est le signal de départ de la mobilisation. « C’est une victoire pour la démocratie, même si les conditions sécuritaires restent précaires », confie un cadre de l’OPL. Cependant, les 38 entités écartées dénoncent, pour certaines, une manœuvre d’exclusion politique. En outre, le CEP a fixé un ultime délai au jeudi 2 avril 2026 pour régulariser les dossiers incomplets.



Pa ailleurs sur les réseaux sociaux et dans les rues de la capitale, l’enthousiasme est tempéré. De nombreux citoyens s’interrogent sur la pertinence de valider autant de partis (282) dans un climat d’insécurité persistant, craignant un « émiettement du vote » et un manque de clarté dans les programmes.


En somme, avec cette validation massive, le CEP met la pression sur les retardataires. La régularisation administrative est la dernière haie avant le lancement officiel du calendrier des opérations de terrain. Toutefois, la question de la sécurisation des centres de vote demeure l’éléphant dans la pièce que ni le CEP, ni les partis n’ont encore totalement évacué.