Déportations massives : l’enfer des Haïtiens en République Dominicaine, Défenseurs Plus lance l’alerte



Alors que les expulsions de ressortissants haïtiens atteignent des sommets alarmants en ce début d’année 2026, l’organisation Défenseurs Plus dénonce une véritable « chasse à l’homme ». Entre violations systématiques des droits humains et silence complice des autorités de Port-au-Prince, le collectif appelle à une intervention internationale urgente.

Dans une note publiée le 19 mars 2026, l’organisation de défense des droits humains Défenseurs Plus révèle des chiffres vertigineux. En seulement deux mois, près de 62 500 Haïtiens ont été refoulés (32 000 en janvier et 30 500 en février.


Ces opérations, menées principalement via les points de Malpasse et d’Anse-à-Pitres, s’apparentent de plus en plus à des rafles. Loin des standards internationaux, ces rapatriements forcés se déroulent dans des conditions que le collectif qualifie d’« inhumaines et dégradantes ».



La situation s’est encore durcie durant la première quinzaine de mars. Rien qu’entre le 1er et le 18 du mois, 13 200 nouvelles expulsions ont été recensées aux postes de Belladère (7 400) et de Ouanaminthe (5 800). Au-delà du volume, c’est le profil des victimes qui scandalise : les femmes enceintes et personnes malades expulsées sans soins, les enfants non accompagnés arrachés à leur environnement sans protection, le plus grave ce sont des migrants qui ont été sciemment déposés dans des zones frontalières sous le contrôle de groupes armés, les livrant directement à la violence des gangs.


Par ailleurs, l’institution de défense des droits humains, rappelle que ces pratiques bafouent le Protocole de rapatriement de 1999, censé encadrer les échanges entre les deux nations de l’île. L’organisation pointe des dérives structurelles notamment : le profilage racial, les séparations familiales arbitraires et l’absence de garanties.


Le cri d’alarme de l’organisation s’adresse également à l’État haïtien. Défenseurs Plus fustige l’inertie du gouvernement de Port-au-Prince qui, par son mutisme, semble abandonner ses citoyens à leur sort.



En conclusion, face à ce qu’elle considère comme une faillite diplomatique, l’organisation interpelle directement les instances internationales : l’ONU et l’OEA. Le collectif exige une pression diplomatique réelle sur le gouvernement dominicain pour faire cesser ces exactions et demande un renforcement immédiat des structures d’accueil en Haïti, actuellement incapables de gérer dignement ce flux de retour forcés.