Plus qu’une simple victoire technique, le sacre de Wilsonley Simon à la 2e édition du Concours national de podcast francophone marque l’émergence d’un « journalisme de profondeur ». En décrochant le premier prix, le créateur d’Aquin prouve que l’audio est le nouveau terrain d’analyse des fractures et des héritages de la société haïtienne.

Le verdict du jury, composé d’experts du Collectif des podcasteurs haïtiens, de l’Institut français en Haïti (IFH) et de l’Ambassade de France, est sans appel : Wilsonley Simon incarne l’excellence d’une nouvelle garde médiatique.

Étudiant finissant en anthropo-sociologie à l’Université d’État d’Haïti (UEH), Simon n’utilise pas le micro comme un simple enregistreur, mais comme un outil d’observation participante. Son triptyque sonore (« Hériter d’un art », « Hériter d’une mémoire », « Hériter d’une lutte ») ne se contente pas de raconter ; il interroge les structures sociales.

En questionnant la transmission de l’histoire et les racines du mouvement féministe en Haïti, il transforme « L’Héritier Podcast » en un laboratoire où se mêlent mémoire collective et identités individuelles. Sa démarche consiste à déconstruire les évidences pour donner aux auditeurs les clés de compréhension des luttes actuelles, faisant de son podcast une archive vivante et un outil d’éducation populaire.

Le jury a été particulièrement rigoureux cette année, évaluant les candidats sur quatre piliers fondamentaux notamment :


La qualité éditoriale qui consiste à la capacité à construire un récit cohérent, sourcé et structuré. L’expertise sociologique de Simon a ici fait la différence par la pertinence de ses angles d’attaque.

Ensuite, l’identité sonore, c’est l’ambiance, le mixage et l’utilisation de paysages sonores qui ont été jugés. Simon a su créer une immersion captivante.

Après la maîtrise de la langue car dans le cadre d’un concours francophone, la fluidité, la richesse du vocabulaire et la clarté de l’expression orale étaient éliminatoires.

Pour finir, l’originalité du sujet en ce sens  le jury recherchait une voix capable de sortir des sentiers battus. En liant le passé (l’héritage) aux enjeux contemporains (le féminisme, l’art), Simon a proposé un contenu à la fois intemporel et urgent.

Initié pour structurer l’écosystème numérique en Haïti, ce concours est devenu le tremplin par excellence pour les créateurs de contenus audio. Il vise à professionnaliser le secteur en offrant une visibilité nationale et internationale aux talents qui choisissent le storytelling pour raconter une Haïti complexe, résiliente et intellectuellement bouillonnante.

Pour Wilsonley Simon, directeur de RTMI et initiateur de la « Journée de livres en main », ce prix est une validation de son engagement : celui de faire circuler les idées plutôt que les rumeurs.