Port-au-Prince, 19 mars 2026 — Le rapt des journalistes Junior Célestin (Radio Télévision Megastar) et Osnel Espérance (Radio Uni FM), survenu le vendredi 13 mars, continue de provoquer une onde de choc au sein de la presse haïtienne. Les faits se sont produits à proximité du Stade Sylvio Cator, une zone stratégique du bas de la ville, alors que les deux professionnels étaient en plein exercice de leur fonction. Cet acte criminel, attribué à des membres de gangs armés, s’inscrit dans un climat de terreur où les travailleurs de la presse sont devenus des cibles directes.

Dans une note officielle publiée le mardi 17 mars, le Ministère de la Culture et de la Communication a exprimé la vive préoccupation des autorités, dénonçant une attaque frontale contre la liberté d’informer. Le gouvernement a fermement condamné ce double enlèvement, qualifié d’atteinte aux droits fondamentaux garantis par la Constitution, tout en témoignant sa solidarité envers les familles des victimes et les directions des médias concernés. Un appel pressant a été lancé aux ravisseurs pour la libération immédiate et sans condition des deux journalistes.

L’inquiétude grandit d’autant plus que les proches des victimes, soutenus par des organisations comme l’Association des Journalistes Haïtiens (AJH) et Reporters sans Frontières (RSF), n’ont reçu aucune preuve de vie probante depuis le rapt. Lors d’une conférence de presse conjointe le 16 mars, les responsables de Radio Uni FM et de Radio Télé Megastar ont exigé des autorités qu’elles fassent de ce dossier une priorité absolue. Ce nouvel incident survient seulement quelques heures après une tentative d’assaut violente contre la résidence de Marvel Dandin, directeur de Radio Kiskeya, illustrant une escalade inquiétante des menaces contre les patrons de presse.

Face à cette recrudescence criminelle, le ministère a assuré que les forces de l’ordre sont pleinement mobilisées pour rétablir l’autorité de l’État dans les zones contrôlées par les gangs. Bien que la capitale reste sous la pression constante de coalitions armées, les autorités réaffirment leur détermination à intensifier les opérations de sécurisation pour garantir un environnement plus sûr. L’objectif affiché est de briser le cycle de l’impunité qui frappe trop souvent les agressions contre les journalistes en Haïti.