À l’occasion du centenaire de René Depestre, l’ambassade d’Haïti à Paris a ouvert ses salons le 12 mars 2026 pour une soirée d’hommage mémorable. Entre projections cinématographiques et débats intellectuels, cet événement marque le coup d’envoi d’une série de célébrations internationales dédiées à l’une des voix les plus puissantes de la littérature francophone.


Le 12 mars 2026 restera une date charnière pour la diplomatie culturelle haïtienne à Paris. Dans l’écrin prestigieux des salons de l’ambassade, une assemblée de dignitaires, d’intellectuels et de passionnés s’est réunie pour saluer le parcours de René Depestre. Plus qu’un simple hommage, cette soirée a célébré l’œuvre d’un homme qui a su transformer l’exil en une quête universelle de liberté et de poésie.




Le point d’orgue de la soirée fut la projection du documentaire « René Depestre, on ne rate pas une vie éternelle », signé par le maître du cinéma haïtien, Arnold Antonin. Ce film, véritable fresque biographique, a permis à l’assistance de redécouvrir les multiples visages de l’écrivain : le poète révolté, l’homme d’État et le penseur visionnaire.



La projection a été prolongée par une causerie profonde et intimiste animée par l’écrivain Louis-Philippe Dalembert. Ce dernier a su, avec l’éloquence qu’on lui connaît, mettre en lumière l’héritage de Depestre, rappelant comment son écriture a irrigué les imaginaires caribéens tout en s’inscrivant dans l’universalité de la condition humaine.



L’hommage se poursuit dès ce lundi 16 mars à la Bibliothèque nationale de France (BnF). Dans le cadre de la Semaine de la Francophonie et en partenariat avec l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), le public est invité à découvrir un autre pan de l’histoire du poète avec « René Depestre : chronique d’un animal marin » (2004), réalisé par Patrick Cazals.



Ce documentaire de 63 minutes est une odyssée géographique et mentale. De Jacmel à Prague, en passant par La Havane et Paris, le film retrace l’itinéraire d’un homme qui a côtoyé les géants du XXe siècle : d’André Breton à Fidel Castro, de Pablo Neruda à Che Guevara. Les témoignages d’illustres contemporains tels qu’Aimé Césaire ou Yannick Lahens viennent enrichir ce portrait, confirmant la place centrale de Depestre dans la constellation intellectuelle mondiale.



Le rayonnement de René Depestre ne s’arrête pas aux projections. L’actualité de sa pensée fera l’objet d’un colloque international d’envergure en juin prochain à Limoges. Chercheurs et universitaires y disséqueront la modernité de ses concepts, notamment celui de la « créolisation » et de l’érotisme solaire.



Des États-Unis à Haïti, cette année de célébrations prouve que René Depestre, le « nomade enraciné », demeure plus que jamais présent dans le cœur des lecteurs. Son œuvre, centenaire et pourtant si actuelle, continue de porter haut les couleurs d’une Haïti résiliente et d’une langue française habitée par le souffle du grand large.