Un vent de fermeté souffle désormais sur le Corps d’Intervention et de Maintien de l’Ordre (CIMO). À compter de ce mercredi 18 février 2026, une série de mesures disciplinaires strictes entre officiellement en application au sein de cette unité spécialisée de la Police Nationale d’Haïti (PNH). Ces nouvelles dispositions, axées sur la présentation physique, le respect rigoureux de l’uniforme et l’identification des agents, traduisent une volonté manifeste de renforcer la discipline interne, l’image institutionnelle et le contrôle administratif des effectifs.
Ces décisions, qui concernent directement l’apparence des policiers et les conditions de port de l’uniforme, marquent un tournant important dans la gestion interne de la CIMO. Elles visent à imposer une uniformité stricte et à éliminer toute forme de relâchement jugée incompatible avec les exigences d’une unité d’intervention.
Tolérance zéro sur l’apparence : conformité obligatoire pour porter l’uniforme
La première mesure, et sans doute la plus commentée, concerne la présentation physique des agents. Désormais, tout policier portant des dreadlocks, une barbe, un cagoule, ainsi que les policières ayant les cheveux longs ou teints, ne sont pas autorisés à porter l’uniforme de la CIMO tant qu’ils ne se seront pas conformés aux nouvelles exigences.
L’administration est claire : le port de l’uniforme est conditionné au strict respect des normes établies. Un agent qui se présente au travail sans uniforme, pour non-conformité aux règles physiques, sera automatiquement considéré comme absent. La directive précise également qu’après trois absences, la situation sera assimilée à un abandon de poste.
Cette disposition envoie un signal fort. Elle signifie que l’uniforme n’est pas seulement un habit professionnel, mais un symbole d’appartenance, d’autorité et de discipline. En exigeant une conformité immédiate, le commandement entend rappeler que la rigueur est indissociable de la mission de maintien de l’ordre.
Fin du travail en civil pour les policières en secrétariat
Deuxième mesure d’importance : les policières affectées aux services de secrétariat ne sont désormais plus autorisées à travailler en tenue civile. Le port de l’uniforme devient obligatoire, indépendamment de la fonction administrative occupée.
Cette décision vise à harmoniser l’image du corps et à éviter toute distinction visuelle entre agents opérationnels et agents administratifs. Selon plusieurs observateurs, cette mesure participe d’une volonté de renforcer le sentiment d’appartenance et de rappeler que, même en poste administratif, chaque membre demeure avant tout un agent de la PNH.
L’uniforme devient ainsi un élément central de l’identité institutionnelle, au-delà des fonctions spécifiques exercées. Il s’agit également d’un moyen de renforcer la visibilité et la crédibilité de l’institution auprès du public.
Identification renforcée : interdiction de couvre-chefs au sein de la base
La troisième mesure, effective dès ce 18 février 2026, impose à tous les policiers présents à la base CIMO de rester sans chapeau, sans képi, sans mouchoir ni cagoule sur la tête. Cette exigence vise principalement à faciliter les opérations de vérification et d’identification interne.
Dans un contexte sécuritaire où l’infiltration et l’usurpation d’identité constituent des préoccupations réelles, le commandement entend visiblement renforcer les mécanismes de contrôle. L’identification visuelle immédiate devient une priorité stratégique.
Cette disposition pourrait également contribuer à améliorer la traçabilité des agents et à prévenir d’éventuels abus. Elle s’inscrit dans une logique de transparence et de responsabilité au sein d’une unité régulièrement exposée aux opérations sensibles de maintien de l’ordre.
Discipline, image et enjeux internes
Ces nouvelles règles interviennent dans un contexte où la Police Nationale d’Haïti fait face à de nombreux défis : insécurité persistante, pression opérationnelle élevée et exigence accrue de professionnalisme. Pour certains analystes, ce resserrement disciplinaire traduit une volonté de restaurer une image d’autorité et de cohésion interne.
Toutefois, ces mesures pourraient également susciter des débats au sein des rangs. La question de l’expression individuelle, notamment en ce qui concerne la coiffure ou la barbe, pourrait alimenter des discussions sur l’équilibre entre discipline militaire et libertés personnelles.
Quoi qu’il en soit, le message du commandement est sans ambiguïté : la CIMO entre dans une phase de rigueur renforcée. L’uniformité, la discipline et l’identification deviennent des piliers incontournables de la gestion interne.
Une nouvelle dynamique au sein de la CIMO
En appliquant ces dispositions dès aujourd’hui, la direction de la CIMO affiche sa détermination à imposer une restructuration comportementale et visuelle de ses troupes. L’objectif semble clair : renforcer la cohérence interne, projeter une image plus professionnelle et consolider l’autorité hiérarchique.
Reste à voir comment ces mesures seront accueillies par les agents et quel impact elles auront sur la dynamique interne du corps. Une chose est certaine : à partir de ce 18 février 2026, la CIMO ne fonctionnera plus comme avant.
Cette réforme disciplinaire pourrait bien marquer le début d’une nouvelle ère au sein de l’unité d’intervention, où la rigueur ne sera plus une option, mais une obligation absolue.
CIMO : Tour de vis disciplinaire sans précédent — Une nouvelle ère de rigueur et d’uniformisation entre en vigueur ce 18 février 2026