À trois jours de la fin officielle du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), les pressions internationales, notamment américaines, s’intensifient sur les membres de l’organe exécutif. Le directeur exécutif du Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), Pierre Espérance, tire la sonnette d’alarme et met en garde les conseillers présidentiels contre toute tentative de passage en force.
Invité ce mercredi 4 février à l’émission « Le Rendez-Vous », le défenseur des droits humains a affirmé que les membres du CPT devront quitter la Villa d’Accueil avant 4 heures PM vendredi prochain, faute de quoi « tout peut leur arriver ». « Yo ka Maduro yo », a-t-il lancé, établissant un parallèle avec l’arrestation de Nicolás Maduro, pour souligner les risques auxquels s’exposeraient les conseillers.
Pierre Espérance qualifie de manœuvre de déstabilisation les démarches entreprises par un groupe de conseillers, notamment Lesly Voltaire, Edgard Leblanc Fils et Louis Gérald Gilles, ainsi que par Jean Renel Sénatus, visant à imposer un exécutif bicéphale à la tête du pays. Selon lui, cette initiative va à l’encontre du processus en cours et menace davantage la fragile transition politique.
Pour étayer son propos, le directeur du RNDDH s’est référé à un message publié sur le compte X du Département d’État américain, dans lequel l’administration américaine assimile les membres du CPT ayant tenté de révoquer le Premier ministre Didier Fils-Aimé à des criminels. Une prise de position qu’il considère comme un avertissement clair de Washington.
Le militant des droits humains s’est également montré très critique face à la présence d’un représentant de Guy Philippe et du groupe “Viv Ansanm” au sein de la commission ayant participé au choix du président de la Cour de cassation comme président de la transition. Une situation qu’il juge inacceptable et dangereuse pour la crédibilité du processus.
Dans un message diffusé sur leurs réseaux sociaux, les États-Unis ont réitéré leur soutien sans équivoque au chef du gouvernement, réaffirmant leur engagement en faveur de la poursuite du processus politique en cours. Un signal fort adressé à tous les acteurs tentés de promouvoir d’autres scénarios pour l’après 7 février.
Par ailleurs, au moment de la rédaction de cet article, des informations font état de l’atterrissage d’un avion militaire américain à l’aéroport international Toussaint Louverture, un fait qui alimente davantage les spéculations sur le renforcement de l’implication américaine dans la crise haïtienne.