Par Delice Delson
Le ministre dominicain des Affaires étrangères, Roberto Álvarez, a annoncé la saisie d’une importante cargaison d’armes et de munitions, comprenant 36 000 unités, en provenance des États-Unis et à destination d’Haïti. Cette nouvelle interception relance les inquiétudes autour du trafic transfrontalier d’armes qui alimente l’insécurité dans le pays.
Ce n’est pas la première fois que les autorités dominicaines interceptent ce type de cargaison. Malgré ces saisies répétées, les autorités haïtiennes n’ont jusqu’ici pris aucune mesure concrète pour renforcer le contrôle aux frontières ou démanteler les réseaux impliqués dans ce commerce illicite.
Cette inaction suscite de nombreuses interrogations. Des observateurs pointent l’opacité entourant ces affaires, notamment l’absence d’information sur les destinataires finaux de ces cargaisons. « Pourquoi aucune arrestation n’est annoncée ? Qui sont les commanditaires ? », s’interrogent plusieurs analystes.
Par ailleurs, lors d’une réunion tenue ce week-end au Conseil de sécurité de l’ONU, le représentant de la Chine a de nouveau accusé les États-Unis d’être indirectement responsables de l’insécurité chronique en Haïti, en facilitant l’arrivée d’armes sur le territoire haïtien. Ce n’est pas la première fois que Pékin lance de telles accusations à l’encontre de Washington.
Selon plusieurs études récentes, environ 80 % des armes en circulation en Haïti proviendraient des États-Unis, une donnée qui alimente les tensions diplomatiques et accentue la pression sur les autorités américaines et haïtiennes pour agir.