Un désert alimentaire est une zone où l’accès à des aliments sains et abordables est limité. Aux États-Unis, l’expression « déserts alimentaires » est devenue une façon courante de décrire les zones rurales ou urbaines où les produits frais et les transports publics sont limités.
Le ministère de l’Agriculture des États-Unis (USDA) utilise deux paramètres pour définir les déserts alimentaires. Si une zone remplit ces deux conditions, elle est considérée comme un désert alimentaire :
Les zones dont le taux de pauvreté est égal ou supérieur à 20 % ou dont le revenu familial médian est égal ou inférieur à 80 % du revenu familial médian de l’État ou de la zone métropolitaine. Au moins 500 personnes et/ou un tiers de la population ( USA) vit à plus d’un mile d’un supermarché ou d’une grande épicerie dans les zones urbaines et à 10 miles dans les zones rurales.
Selon l’USDA, environ 13,5 millions de personnes aux États-Unis vivent dans des déserts alimentaires avec un faible accès à des aliments sains.
L’expression « déserts alimentaires » est couramment utilisée aux États-Unis. Les déserts alimentaires sont un type d’insécurité alimentaire, mais toutes les personnes souffrant d’insécurité alimentaire ne se trouvent pas dans un désert alimentaire. Dans les pays en développement, l’insécurité alimentaire peut être due à la famine ou à un conflit, car il n’y a pas assez de nourriture pour tous les habitants de la région, qu’ils soient en bonne ou en mauvaise santé. Lorsqu’on parle de déserts alimentaires, en particulier aux États-Unis, il ne s’agit pas tant d’un manque de nourriture en général, mais simplement du fait qu’il n’y a pas d’options nutritives ou saines disponibles. Cela peut entraîner plusieurs problèmes de santé et une baisse de l’espérance de vie.
Quelles sont les maladies que les gens peuvent développer et dont ils peuvent souffrir après avoir vécu dans un désert alimentaire pendant de nombreuses années ?
Diabète, obésité, cancer, etc.
Les facteurs permettant de déterminer l’existence d’un désert alimentaire sont multiples, mais la distance entre le lieu de résidence d’un individu et le commerce le plus proche offrant des aliments sains et abordables ainsi que le temps requis pour s’y rendre sont parmi les plus fréquents. Ces facteurs sont variables selon la réalité de la zone géographique. Par exemple, la distance entre le lieu de résidence et le commerce le plus proche en zone urbaine est habituellement située entre 500 mètres et 1000 mètres.
Ce terme permet de qualifier des quartiers ou des secteurs, au sein desquels les habitants ont un risque élevé d’avoir des difficultés à accéder à une alimentation saine, faute de commerces en vendant. En pratique, les études sur les déserts alimentaires tiennent rarement compte de la dimension économique et sont souvent restreintes à la disponibilité (nombre, densité) ou l’accessibilité physique (distance) aux commerces et tout particulièrement à ceux vendant des fruits et légumes à l’instar des supermarchés et des primeurs. Ces déserts alimentaires ont particulièrement été identifiés dans des espaces socialement défavorisés, où se cumulent « mauvaise » offre alimentaire et forte prévalence du surpoids.
En France, très peu de recherches se sont interrogées sur la présence de déserts alimentaires, tant en raison de l’émergence récente de ce questionnement que de limites méthodologiques (notamment, il n’existe actuellement pas de base de données fiable permettant de cartographier l’offre alimentaire d’un territoire, voire du pays). Différentes études ont néanmoins mis en évidence l’inégale répartition du commerce alimentaire à Lyon, à Montpellier et à Paris.
Déserts alimentaires – Principaux enseignements
Un désert alimentaire ne signifie pas qu’il n’y a pas de nourriture. Cela signifie qu’il n’y a pas d’aliments facilement accessibles, nutritifs et/ou abordables.
Les habitudes alimentaires malsaines engendrées par les déserts alimentaires sont difficiles à rompre, même lorsque l’accès à des aliments plus sains devient plus facile.
Les déserts alimentaires sont fréquents dans les communautés à faibles revenus des zones rurales et urbaines.
Les déserts alimentaires urbains affectent de façon disproportionnée les groupes ethniques minoritaires.
Solutions aux déserts alimentaires
Les solutions aux déserts alimentaires comportent souvent trois aspects : le transport, la disponibilité et , plus récemment, l’ éducation. De nombreuses initiatives tentent d’apporter des produits frais aux communautés qui en manquent.
Souvent, les déserts alimentaires se trouvent dans des zones où il n’est pas rentable pour les grandes chaînes de supermarchés de s’implanter ; les zones à faibles revenus sont donc plus touchées. Pour résoudre ce problème, les autorités locales incitent ou subventionnent souvent les chaînes de supermarchés pour qu’elles s’installent dans ces zones.
Cartographier l’offre alimentaire de communes ou de quartiers peut ainsi constituer un point de départ intéressant pour mettre en évidence certaines inégalités d’accès à l’alimentation. Pour autant, une analyse du vécu des habitants, de leur expérience de- meure indispensable. Étudier cet ensemble c’est alors étudier le paysage alimentaire des habitants.
PS: Cet article est réalisé dans le cadre d’un recherche sur l’insécurité alimentaire.
Objet de recherche en Haïti..