Par Joiseus Nader, Pradel Henriquez et Ghislaine Mompremier*
Vingt-six (26) mois après l’assassinat du Président Jovenel Moïse, AMIJOMO constitué d’anciens ministres et de proches de Jovenel MOÏSE constate que le peuple haïtien continue encore de se battre pour obtenir justice pour son Président assassiné, pour la famille de ce président assassiné, pour ses proches, pour lui-même d’ailleurs, ce peuple métamorphosé une fois pour toutes, depuis l’avènement de Ariel Henry, comme premier ministre, en une population strictement martyr qui n’a plus droit désormais ni à un minimum de justice sociale, ni à la sécurité la plus basique, ni à manger, ni à boire, ni à dormir, ni à l’emploi, ni à vaquer à ses activités, ni à se loger, ni à vivre en paix, ni en définitive, à sa propre justice compte tenu de tous les abus et autres violations systématiques de ses droits.
Avec ce Gouvernement de Ariel Henry, prend naissance donc un nouveau phénomène incroyable d’ailleurs qui bat tous les records durant ces deux (2) dernières années, soit du 20 juillet 2021 à nos jours, 7 septembre 2023 : il s’agit de tout un peuple constamment livré à la violence des gangs , il s’agit de tout un peuple toujours en fuite sur son propre territoire, il s’agit de tout un peuple qui court à droite et à gauche, qui crie au secours, au secours, et qui pleure sans fin, sans que personne ne lui vienne en aide.
Tout ceci pour dire que, durant le mandat du Président Jovenel Moïse, plusieurs éléments du système judiciaire associés à des oligarques corrompus et à des politiciens mafieux, issus de toutes les idéologies les plus confuses, ont participé à la destabilisation du pays, pour se retrouver au final dans une spectaculaire tentative d’assassinat, d’abord du 7 Février 2021, puis, dans cet assassinat réel ou effectif du Président de la république, Jovenel Moïse, dans la nuit du 6 au 7 Juillet de la même année 2021.
Quand des éléments déjà sérieux à l’époque avaient pris en main l’enquête sur cet assassinat crapuleux du président, ils allaient se heurter très vite, avec l’arrivée de Ariel Henry, à la tête de la Primature, à des menaces de morts et à des révocations souvent cavalières.
L’histoire retiendra toutefois la production de ce rapport de la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ), la réalisation de cette enquête auprès de la compagnie téléphonique, Digicel, les mesures préventives d’interdiction de départ émises à l’époque, contre le Premier Ministre, Ariel Henry, ainsi que l’envoi au cabinet d’instruction du réquisitoire d’informé supplétif.
Face à ces avancées, les oligarques et les politiciens impliqués dans le crime ont pris en main l’appareil judiciaire et ont même vandalisé tout le système afin de brouiller les pistes, ils ont incendié ici et là en utilisant les bras armés des gangs métropolitains, ils ont nommé leur Ministre de la justice pour saboter l’enquête et protéger les assassins.
Ils ont constitué illégalement leur Conseil Supérieur du Pouvoir (CSPJ), désigné huit (8) autres membres à la Cour de Cassation, ainsi que certains juges d’instruction .
Ainsi, les manipulations et blocages institutionnels des assassins, dans le cadre du dossier judiciaire lié à l’assassinat de Jovenel MOÏSE est quasi total.
Pas moins de cinq (5) à sept (7 ) pays de la région et même de la planète, sont activement impliqués dans ce crime qualifié par plus d’uns, de transnational .
Il y en a parmi ces pays, qui ont des rôles plus actifs que d’autres comme la Colombie ou encore, la République dominicaine. Leur coopération toutefois peut aider on ne peut plus à faire avancer ou à faire triompher la justice contre ce crime honteux pour toute l’humanité et dangereux pour tous les pouvoirs démocratiquement établis.
Quand à la justice américaine, elle nous aura permis de respirer un peu. Néanmoins, d’aucuns restent encore sur leur soif de voir cette justice mettre la main au collet des gros bonnets, des gros bailleurs financiers et des gros assassins, voire même, des intouchables de notre système global ici, en Haiti, par exemple, où la justice ne semble s’intéresser qu’aux classes sociales des assassins, qu’à leur taille socio-économique, petite, moyenne ou grande…
Pour ainsi dire, la condamnation à vie par la justice américaine de Rodolphe Jaar et l’acceptation toujours par cette justice, de la culpabilité de German Rivera récemment, ne sont qu’un pas dans la bonne direction.
Il est clair que dans ce processus visant à obtenir justice pour Jovenel MOÏSE, la route est parsemée d’épines.
Le peuple haïtien est patient, qu’il soit de l’intérieur ou de l’extérieur, il attend encore beaucoup de la justice américaine. Autant, il s’attend à ce qu’un changement de régime politique en Haiti puisse permettre à notre justice, à nous, de s’affranchir, de se libérer et d’offrir au monde entier cette performance qu’on est en droit d’attendre d’elle. Puisque, si nous sommes une nation, c’est bel et bien à notre justice qu’il revient le plus noble devoir de nous honorer enfin comme nation, comme peuple, et dire formellement non aux assassins, non aux gangs, non à la violence, non au crime organisé ….
JUSTICE POUR
JOVENEL MOÏSE