Par Ambassadeur Stanley Lucas*

Un journaliste haïtien, Guerrier Henri, récemment au cours de son émission Boukante Lapawòl, a repris cette thèse que la justice élève une nation. Il a raison en fait puisque le régime de loi représente l’un des sept caractéristiques de la démocratie. Sans l’égalité des citoyens devant la loi on a l’anarchie totale ou la loi de la jungle.

Dans le cas d’Haiti malheureusement, la justice déstabilise et tue la nation parce que le système judiciaire est sous le contrôle des oligarques corrompus et des entrepreneurs politiques assassins qui entretiennent les violences des gangs. Le régime de loi est remplacé par la corruption dans toute la sphère du pouvoir judiciaire.

Comment sommes-nous arrivés là?

Les oligarques corrompus Vorbe, Boulos, Baussan ect…et les entrepreneurs politiques ont capturé le pouvoir judiciaire à travers les nominations de la commission justice du Sénat de la République et qui sont validées par le Conseil du Pouvoir Judiciaire (CSPJ).

Le trafic d’influence et le contrôle de la commission justice du sénat et de l’assemblée des sénateurs responsables de la désignation des juges à nommer sont à la base du niveau de corruption dans l’appareil judiciaire.

Depuis ces dix (10) dernières années, Ils sont de connivence avec au moins trois (3) militants des droits humains et de quelques avocats de certains barreaux pour avoir la main mise sur le Tribunal de Première Instance près de Port au Prince (TPI) .

Le pouvoir judiciaire, durant ces cinq (5) dernières années, a été vassalisé de fond en comble par ces militants des droits humains aidés d’entrepreneurs politiques opposants siégeant au parlement.
Quelques exemples pour illustrer:

  • La juge Wendel Coq a empêché le Conseil Électoral provisoire de prêter serment par devant la Cour de Cassation en septembre 2020. On retrouve cette même juge impliquée dans la tentative ratée d’assassinat du président du 7 Fevrier 2021 et aussi présumée auteure intellectuelle de l’assassinat du Président Jovenel Moïse. Elle est en cavale depuis juillet 2021 suite à un avis de recherche émis à son encontre par la DCPJ dans le cadre du suivi de l’enquête sur l’assassinat du président de la République. Gedeon Jean du CARDH avait tenté de réinstaller Coq à la cour de cassation à une action illégale et corrompue avec la complicité de Rogavil Boisguene de la Cour des Comptes, ils ont échoués;
  • Trois (3) juges de la cour de cassation ouvertement impliqués dans le coup d’État raté du 7 février 2021: Ivikel Dabrézil, Me Mécène Jean Louis, Wendel Coq Télot.
  • Dans cette poursuite de contrôle, Pierre Esperance et Samuel Madistin remplacent les membres au sein du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ). Dans l’actuel CSPJ, on retrouve au moins trois associés de Pierre Esperance: Bernard Desir, le juge Durin Duret et le Juge Wando Sainvilier. Avec ces trois juges au sein du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire, Pierre Esperance a les marges de manœuvre pour orienter le suivi de l’enquête de l’assassinat du président de la République pour protéger les principaux assassins financiers qu’il veut ainsi que Me Samuel Madistin.
  • Après avoir déstabilisé la nation pour le compte des oligarques et des entrepreneurs politiques, la coalition des présumés criminels après avoir assassiné le Président Jovenel Moïse installeront illégalement six juges corrompus au CSPJ et huit autres à la Cour de Cassation d’Haiti.
  • Le Premier Ministre Ariel Henry , soupçonné d’être un Presumé auteur intellectuel de l’assassinat du président selon un rapport de la DIGICEL, s’est servi de Bertho Dorcé, avocat de Dimitri Vorbe, lui aussi Presumé auteur intellectuel de l’assassinat du president JOVENEL Moïse, comme ministre de la justice pour obstruer l’enquête.
  • Ce Bertho Dorce aurait fait la prison suite à une histoire de drogue mal séparée alors qu’il était juge de paix à Aquin. Il a passé 6 mois en prison pour cette affaire.
  • Bertho Dorcé a dû laisser le gouvernement suite au scandale du trafic d’armes identifié à Port de Paix. Il a été aussi sanctionné par les USA pour trafic de drogue. Il jouit en toute impunité d’une liberté cautionnée par l’appareil judiciaire en dépit du fait qu’un membre de son cabinet se retrouve encore cloué au Penitencier.
  • Le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire est décrié de tout bord

-Difficile de faire confiance à un Conseil Supérieur du pouvoir judiciaire qui fonctionne sous l’influence de Pierre Esperance et de Me Samuel Madistin

  • Les résultats de la première liste de certification ont été remis en question. Des magistrats non certifiés avaient publiquement dénoncé l’ingérence de Samuel Madistin et de Pierre Espérance dans le processus. Des magistrats n’ont pas été certifiés pace qu’ils ne voulaient pas donner suite à des demandes de Samuel Madistin sur le dossier du trafic illicite d’armes et de munitions de l’Eglise Épiscopale D’Haiti ;
  • Pierre Esperance, de son côté, n’avait pas obtenu du magistrat Jacques Lafontant l’élimination des plaintes déposées contre lui par devant le parquet de Port au Prince;

Une deuxième liste de certification vient d’être sortie hier

-Bernard Saint Vil, en tant que Doyen du TPI près de Port-au-Prince, avait permis au juge Jean Roger Noelcius d’émettre un mandat illégal le 18 février 2019, contre le président de la république.

Parmi ces nominations et certifications,on retrouve Bernard Saint Vil et Jean Wilner Morin. Bernard Saint Vil “certifié” remplacera au TPI Chavannes Etienne accusé d’être en collusion avec Jean Wilner Morin. Ariel est plus à l’aise avec lui parce qu’il a déjà délivré.

  • C’est ce Bernard Saintil qui a classé les dossiers de corruptions de Reginald Boulos soumis par l’ULCC.

-Il s’est débarrassé sans argument légal du réquisitoire supplétif du Commissaire du Gouvernement Bedford Claude impliquant le Premier Ministre Ariel Henry dans l’assassinat du président et retirer sans preuve l‘interdiction de départ contre le Premier Ministre.

  • Le Président du pouvoir judiciaire Me. René Sylvestre avait refusé de renouveler le mandat du juge Jean Wilner Morin pour plusieurs raisons, son implication dans la déstabilisation et la violence politique avec son frère le journaliste Oreste Morin, pour la corruption judiciaire et n’ayant pas le background académique pour occuper la fonction. Il aurait depuis acheté un diplôme d’un institut non reconnu de Port-au-Prince.

Ce réseau de juges corrompus fait partie d’un réseau politique comprenant Samuel Madistin, Pierre Espérance, Gedeon Jean, Youri Latortue, Nènèl Cassy, Ricard Pierre, Antonio Cheramy, Evaliere Beauplan, Mario Beauvoir, André Michel ect. et trois journalistes de la place qui au cours de leurs émissions protègent la politisation de la justice et la corruption judiciaire. Certaines décisions judiciaires sont prises en petit comité puis soumis au juge concerné.

Le moment est venu de casser ce système qui entrave le progrès de la nation.

  • Ambassadeur Stanley Lucas est un spécialiste en développement politique qui a travaillé en Amérique Latine, l’Afrique, l’Afghanistan et le Moyen Orient. Il était le Conseiller Spécial du Président d’Haiti Jovenel Moïse.